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Politique of Monday, 22 November 2021

Source: Le Messager

Frustrations dans le Rdpc : la liste des démissionnaires s’allonge à Messok

Plus de 50 autres militants ont décidé de quitter les rangs de la section Haut-Nyong Sud 2 Plus de 50 autres militants ont décidé de quitter les rangs de la section Haut-Nyong Sud 2

Depuis le 16 novembre 2021, plus de 50 autres militants ont décidé de quitter les rangs de la section Haut-Nyong Sud 2.

A Messok, chef-lieu de l’arrondissement éponyme, situé à près de 200 km d’Abong-Mbang, chef-lieu du département du Haut-Nyong à l’Est, le climat politique continue de se dégrader. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), proche du pouvoir, est en train de perdre pied sur place.

« Messok n’est plus un bastion imprenable du Rdpc. Il faut que Paul Biya le sache », lâche un ex-militant de ce parti politique à qui le reporter de Le Messager demande à rencontrer le maire ce mardi 16 novembre 2021 en début d’après-midi.

« C’est le fossoyeur de cette formation politique ici. Il est à la base de tous nos déboires. Renseignez-vous à l’hôtel de ville. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas en place parce qu’il ne vit pas ici », poursuit, courroucé, notre interlocuteur.

Rendus dans les services de la commune, nous ne trouverons aucune trace de David Bachelard Keyo. Un agent communal, de passage pour s’enquérir du paiement des 10 mois d’arriérés de salaires que lui doit la commune, nous renseigne que « j’ai appris que le maire est en réunion à Abong-Mbang avec le sous- préfet ».

Pourtant deux jours plus tôt, joint au téléphone par les journalistes qui projetaient une descente à Messok, le maire avait rassuré : « Vous allez me trouver sur place ». Cette défection de M. Keyo n’empêche pas de rencontrer le « noyau dur » des 103 premiers démissionnaires.

Une dizaine d’entre eux est assise dans ce qu’il est convenu d’appeler leur « Qg » au centre-ville. Là, l’ancien président de la section Rdpc du Haut-Nyong Sud 2, Michel Enkoh, est entouré de son état-major . Ils concoctent la dernière mouture de la lettre de démission de la cinquantaine de militants qui s’apprêtent à abandonner le pagne frappé de l’effigie de Paul Biya.

Aucun n’est tendre envers la hiérarchie locale du Rdpc qu’ils accusent de tirer les ficelles du processus de marginalisation des filles et fils de l’arrondissement de Messok. Sommier politique à l’appui, tous balaient d’un revers de la main l’argument du maire, nouveau président de cette section, selon lequel « tous sont des militants fictifs ».

Joignant l’acte à la parole, Joseph Samedjoh, l’ancien vice- président de la section, Soulemanou Djoaro, le président de la sous-section Ojrdpc de Messok A, David Alama, militant de base et agent communal à la retraite, Justin Bareko Nkonga, Hamidou Bouba, président du comité de base de Messok A, Jean Sonkeu, militant à la cellule B de la sous-section de Messok C, et d’autres ex-militants nous montrent leurs noms dans le document que détient encore la section sortante.

Mascarade sur le terrain
Pour justifier leur départ du Rdpc, comme leurs prédécesseurs, les signataires de cette autre lettre de démission estiment que « ce parti politique ne nous a rien apportés alors que nous lui avons démontré notre loyauté au cours de ces dernières années ».

En plus, ils dénoncent « notre marginalisation par un régime que nous avons toujours servi et qui, au vu de ce qui se passe depuis l’élection du maire en mars 2020, a décidé de nous mépriser ».

« Comme le Rdpc n’a plus besoin de Messok, nous avons préféré nous retirer de ses rangs pour que ses dirigeants locaux continuent leur mascarade sur le terrain, indiquent la plupart des démissionnaires. La preuve, nous n’avons pas assisté à la célébration des 39 ans de Paul Biya au pouvoir le 6 novembre dernier ».

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