Il n'a pas eu besoin d'un long discours. Deux mots ont suffi. Face à un faux communiqué annonçant sa candidature aux élections municipales et législatives de 2026 qui circulait depuis près de 48 heures sur les réseaux sociaux, le Dr Fridolin Nke a répondu par une réponse aussi brève que cinglante : « Fake News ».
Le document incriminé, relayé massivement sur les plateformes numériques, présentait l'enseignant de philosophie comme candidat sous les couleurs du RDPC, le parti au pouvoir. Pour asseoir la mise en scène, une photographie le montrant arborant une écharpe aux couleurs nationales — vert, rouge, jaune — avait été associée au logo du parti présidentiel.
Sauf que ce communiqué n'émane pas de lui. Le Dr Fridolin Nke l'a formellement démenti, précisant que ce document ne lui appartient pas et qu'il n'est en rien à l'origine de cette annonce.
La vitesse à laquelle la rumeur s'est propagée s'explique aisément par le profil de l'intéressé. Observateur politique camerounais reconnu, philosophe aux prises de position tranchées, Fridolin Nke s'est fait ces derniers temps remarquer par des critiques ouvertes du régime en place. Dans ce contexte, le voir soudainement se ranger sous la bannière du RDPC aurait constitué un retournement spectaculaire — ce que de nombreux observateurs du landerneau politique avaient déjà commencé à qualifier de « rétropédalage ».
C'est précisément parce que la rumeur était politiquement explosive qu'elle a prospéré aussi vite. Et c'est sans doute pour cette même raison que Fridolin Nke a choisi de la démentir sans délai, sans laisser à la désinformation le temps de s'installer durablement dans les esprits.
Pour autant, ce démenti ne clôt pas définitivement la question. Fridolin Nke n'a pas dit qu'il ne se présenterait jamais à une élection. Il a dit que ce communiqué est un faux et qu'il n'en est pas l'auteur. Nuance importante. Si l'homme venait un jour à franchir le pas vers l'arène électorale, ce serait assurément avec d'autres méthodes et d'autres mots.
En attendant, ce nouvel épisode rappelle une réalité bien connue du jeu politique camerounais : dans un pays où les rumeurs font parfois office d'information et où les positionnements électoraux se jouent aussi sur les réseaux sociaux, la gestion de son image numérique est devenue une composante à part entière de l'activité politique.









