Politique of Saturday, 6 June 2026
Source: www.camerounweb.com
Les choses s’activent au palais d’Unité depuis quelques jours dans le cadre de la nomination du vice-président prévue par la nouvelle version de la constitution.
Selon les confidences du lanceur d’alerte Boris Bertolt, Paul Biya a discrètement demandé que lui soient proposés des plans d’aménagements d’une aile du palais présidentiel pour le prochain vice-président.
Cette décision coïncide avec la nomination par le président camerounais Paul Biya des membres du Conseil Supérieur de la Magistrature, le 2 juin 2026. Elle est considérée comme un signal fort dans le processus de nomination d’un vice-président et des membres du nouveau gouvernement. Cette décision, très attendue, marque la relance d’un organe essentiel à la gestion des carrières des magistrats après plusieurs années d’inactivité. Cette reprise devrait permettre de débloquer l’intégration de nombreux jeunes magistrats et de procéder à des nominations urgentes dans les juridictions du pays. Cette réactivation du CSM alimente des spéculations sur d’éventuels changements politiques majeurs, notamment un remaniement ministériel et la possible nomination d’un vice-président de la République.
En écartant les faucons qui gravitent autour de la vice-présidence, certaines voix semblent se dessiner pour frayer un passage assuré à Franck Biya, qui peut désormais compter sur le puissant réseau qu'il a bâti depuis 2022.
Franck Biya ne compte pas uniquement sur une assise populaire, qu'il cherchera peut-être à consolider après une éventuelle prise de fonction. Il s'appuie également sur ses alliés, avec en tête de liste le directeur du Cabinet civil, le secrétaire général du RDPC, Jean Nkuete, ainsi que sur une partie de l'élite des régions du Centre, du Sud et de l'Est.
À côté de ces personnalités politiques figurent les chefs traditionnels avec lesquels Franck Biya s'est tissé un vaste réseau. Nous pouvons citer, dans le Grand Nord, les très influents lamidos de Garoua et de Rey Bouba.
À l'Ouest, l'emblématique Sultan Ibrahim Mbombo Njoya ainsi que plusieurs autres chefs traditionnels.
La décision, il y a quelques jours, de changer le patron de la DGRE pour y installer le colonel Bankoui, réputé très loyal envers sa hiérarchie, témoignerait d'ambitions allant au-delà de la vice-présidence, un poste souvent présenté comme un fauteuil destiné au successeur du président.
Si le président n'a pas répondu favorablement à sa demande de modifier la direction du plus puissant service de renseignement d'Afrique francophone, peut-on dire, à propos de la vice-présidence, qu'avec Paul Biya, personne n'a sa place assurée ?
Albin Michel Njilo