Le siège du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à Odza, Yaoundé 4, est sous haute surveillance policière depuis ce vendredi 18 heures. Un important dispositif composé de policiers et de gendarmes en bloque tous les accès, empêchant la tenue de la convention extraordinaire prévue le 29 novembre.
Cette intervention fait suite à un arrêté du sous-préfet de Yaoundé 4, signé le 27 novembre, interdisant formellement la rencontre pour des raisons de "menace grave de trouble à l'ordre public". Une décision qui intervient à un moment crucial pour le principal parti d'opposition camerounais.
La convention devait marquer le retour officiel de Maurice Kamto à la présidence du MRC, après son départ temporaire en juillet dernier. L'ancien candidat à la présidentielle d'octobre 2025 était alors le seul postulant au poste de président, aucune candidature concurrente n'ayant été enregistrée.
Face à cette interdiction, Mamadou Mota, président par intérim du MRC, a annoncé le report de l'assemblée à une "date ultérieure". Pour le parti, ce blocage administratif représente un coup dur, alors que cette convention devait permettre de réorganiser les structures en vue des élections législatives et municipales prévues en 2025.
Selon plusieurs observateurs, cette interdiction s'inscrit dans un contexte électoral tendu. Le parti au pouvoir, qui a enregistré son plus mauvais score depuis trente ans lors de la dernière présidentielle, chercherait à affaiblir le MRC avant les prochaines échéances locales.
Les militants du MRC dénoncent une entrave aux libertés démocratiques et au droit de réunion. "Un parti politique qui veut simplement tenir sa convention se voit occupé par les forces de l'ordre. C'est une atteinte grave à nos droits", déplore un cadre du parti.
Le blocage du siège intervient également dans un climat de tensions internes au MRC, notamment après l'exclusion récente de Thierry Okala Ebode pour "trahison", ce dernier étant accusé par ses anciens camarades d'être à l'origine de cette répression.









