Actualités of Monday, 31 August 2026

Source: L'Indépendant n°1059

Féminicides : les points faibles du code pénal

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Face à une recrudescence alarmante des violences de genre, le débat public s'intensifie au Cameroun pour criminaliser spécifiquement le féminicide et durcir l'arsenal répressif. La mobilisation réunit la société civile, des députés de l'opposition et des figures de premier plan pour dénoncer le manque de dispositions juridiques contraignantes face à ce fléau.

Pour l'heure, le droit positif camerounais ne reconnaît pas le terme « féminicide ». Les agressions mortelles au sein du couple ou basées sur le genre sont jugées sous la qualification globale d'homicides ordinaires ou de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort.

Les organisations comme l'Association camerounaise des femmes juristes (Acafej) dénoncent un système trop permissif qui encourage l'impunité, notamment en raison du retrait fréquent des plaintes par les victimes sous la pression sociale ou familiale. Le cadre juridique manque également de mécanismes d'urgence, à l'instar d'ordonnances d'éloignement ou de protection immédiate délivrées par un juge.

L'inaction perçue des institutions pousse de nombreux acteurs à exiger des réformes immédiates. Le parti d'opposition Social Democratic Front (SDF) a formellement déposé une proposition de loi pour prévenir les féminicides et protéger les victimes à l'Assemblée nationale.

Des figures politiques comme Cabral Libii appellent également à une aggravation sévère des sanctions afin de rendre la loi purement dissuasive. Face à la pression, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a annoncé qu'un projet de loi spécifique sur les violences basées sur le genre (VBG) est en préparation.

Le gouvernement espère soumettre ce texte à l'examen des parlementaires en novembre. En parallèle, les autorités rappellent le déploiement progressif de dispositifs d'assistance, incluant des cellules d'écoute (« gender desks ») dans les commissariats et la création d'abris temporaires pour la mise en sécurité des victimes.