Actualités Régionales of Wednesday, 27 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Extorsion - Détention arbitraire à Garoua : Des éléments de la police et de la gendarmerie livrés

Ceux qui devraient assurer notre sécurité se comportent comme des bandits de grand chemin Ceux qui devraient assurer notre sécurité se comportent comme des bandits de grand chemin

Dans un message un collectif de petits commerçants et boutiquiers de Garoua accusent des patrouilles de plusieurs unités de sécurité d’exiger quotidiennement des paiements illégaux de 500 FCFA par boutique, sans reçu ni base légale. Le collectif affirme que ces pratiques se déroulent au vu des responsables hiérarchiques et les qualifie juridiquement de concussion, d’extorsion, de détention arbitraire et de corruption.


DENONCIATION SUR DES FAITS DE CONCUSSION, D’EXTORSION ET DE DÉTENTION ARBITRAIRE PAR DES ÉLÉMENTS DE LA POLICE ET DE LA GENDARMERIE À GAROUA

« Nous, collectif des petits boutiquiers et commerçants de Garoua, nous battons au quotidien pour faire vivre nos familles avec des marges infimes. Nous venons porter à votre connaissance des faits graves qui se déroulent au vu et au su de tous, et solliciter votre voix pour les dénoncer auprès des plus hautes autorités.

1. Exposé des faits

Chaque jour que Dieu a créé, des patrouilles de la Police - ESIR, Groupement Mobile, Commissariat Central, patrouille motorisée - et des éléments de la Gendarmerie Nationale parcourent nos rues et pénètrent dans nos boutiques.

À chaque passage, il nous est exigé le paiement immédiat de 500 FCFA par boutique, sans reçu, sans base légale, sous peine de menaces et d’intimidation.
- La Police passe en moyenne 5 fois par jour.
- La Gendarmerie passe en moyenne 2 fois par jour.

Le plus grave est ceci : si vous dites que vous n’avez pas vendu et que vous demandez qu’ils reviennent plus tard, ils vous embarquent immédiatement. Vous êtes conduit au Commissariat Central ou à la Gendarmerie. Arrivé là-bas, on ne parle plus de 500 FCFA.
Pour obtenir votre libération, votre famille doit cotiser entre 100 000 et 200 000 FCFA. Sinon vous passez la nuit en cellule.

2. Ce qui se passe au vu et au su des chefs

Cette pratique ne se cache pas. Elle se déroule au vu et au su des chefs de ces unités. Les commandants et responsables hiérarchiques croisent ces patrouilles quotidiennement. Rien ne change. Cela donne l’impression que ces exactions sont tolérées, voire couvertes.

3. Qualification juridique au regard du droit camerounais

Ces faits constituent :
- Concussion, art. 134 CP : perception illégale de sommes par un agent public abusant de sa fonction. Peine : 5 à 10 ans d’emprisonnement et amende jusqu’à 2 000 000 FCFA.
- Extorsion, art. 319 CP : contrainte à remettre de l’argent sous menace.
- Détention arbitraire et séquestration, art. 291 CP : toute personne qui arrête, détient ou séquestre illégalement une personne est punie de 5 à 10 ans d’emprisonnement.
- Corruption passive, art. 134 bis CP.
Ils violent également l’art. 18 de la Constitution : « Nul ne peut être astreint à une obligation quelconque, si ce n’est en vertu de la loi » et l’art. 7 qui garantit la liberté individuelle.

4. Notre situation

Nous sommes de petits boutiquiers. Nous ouvrons à 6h, nous fermons tard, nous payons nos impôts, nos patentes, nos loyers. Nous vivons au seuil de la pauvreté.

Aujourd’hui, ceux qui devraient assurer notre sécurité se comportent comme des bandits de grand chemin. Ils nous dépouillent 7 fois par jour, et quand nous résistons, ils nous transforment en marchandise à rançonner.

Pour le collectif des petits boutiquiers de Garoua»