Actualités of Monday, 6 July 2026

Source: L'Indépendant n°1043

Exclusivité : les DG irremplaçables au Cameroun

Directeur général de société Directeur général de société

Une étude publiée le 23 juin 2026 par le Professeur Viviane Ondoua Biwolé met en lumière un scandale de gouvernance aux proportions alarmantes. Selon les résultats de cette enquête, en 2026, 77 présidents de conseils d’administration (PCA) et 36 directeurs généraux (DG) des entreprises et établissements publics camerounais exercent au-delà de la durée légale de leur mandat.

Celle-ci est de trois ans renouvelables une fois pour les PCA et de trois ans renouvelables deux fois pour les DG et DGA, selon les lois jumelles du 12 juillet 2017. Malgré les balises fixées par le cadre légal et réglementaire depuis 1999, les autorités détentrices du pouvoir de nomination peinent à respecter les dispositions des lois qu’elles ont elles-mêmes promulguées. Et les conséquences économiques et financières sont légion.

Les données proviennent du premier volume de la série de communications du Pr Viviane Ondoua Biwolé, réparti en six chapitres entourés d’une préface, d’une conclusion et des annexes, accessible sur la toile.

La spécialiste du management public et de la gouvernance fait le point sur le dépassement des mandats légaux dans les entités publiques, en tire les conséquences, et formule des recommandations. Les cas les plus illustratifs sont entre autres celui de Luc Ayang, PCA de l’Office national du cacao et du café de 1991 à son décès le 14 octobre 2025.

Près de 35 ans pour un dépassement d’environ 29 ans par rapport au plafond. Son siège demeure vacant. Francis Fai Yengo, PCA de l’Agence d’électrification rurale a dépassé le plafond légal de l’ordre de vingt ans.

Rose Gana Fomba Leke, PCA de l’Institut de recherche médicale et d’études des plantes médicinales, cumule 18 ans au poste. Fabien Monkam Nitcheu (Bucrep) et Jules Doret Ndongo (Crédit foncier du Cameroun) affichent chacun 15 ans d’ancienneté. Le constat est d'une gravité inédite pour les finances de l'État.

Cette situation d’illégalité coûte près de 70 millions USD (35 000 000 000 de francs CFA environ) au contribuable. En outre, quatre fleurons de l'économie camerounaise, dont la Sonara, la Cicam, la CDC et la CRTV, se trouvent officiellement en état de mort clinique financière.

L’enquête publiée par le Pr Viviane Ondoua Biwolé, experte reconnue en management public, révèle que ce naufrage économique est intimement lié à une violation systématique des lois de 2017 sur la limitation des mandats des dirigeants. En termes clairs, ces structures se trouvent en situation de "faillite technique" : leurs dettes accumulées dépassent largement la valeur totale de ce qu'elles possèdent.