Actualités of Tuesday, 26 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Exclusif – Henry Fossung, figure du séparatisme mort aux USA : sa famille demande près de 50 millions FCFA à Paul Biya

HENRY FOSSUNG HENRY FOSSUNG

Exclusif – Henry Fossung, figure du séparatisme anglophone, décédé aux USA : sa famille demande près de 50 millions FCFA à l'État camerounais pour rapatrier son corps. Une requête qui divise l'opinion : comment peut-on combattre l'unité nationale pendant des décennies et solliciter la solidarité financière du même État au moment du décès ? La polémique s'invite dans les salons feutrés du pouvoir à Yaoundé, alors que la famille de l'ancien ambassadeur devenu figure du SCNC réclame une assistance pour des obsèques à Buéa.



EXCLUSIF : HENRY FOSSUNG, FIGURE DE PROUE DE LA SÉCESSION DECEDÉ AUX USA : SA FAMILLE DEMANDE AU GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS PRÈS DE 50 MILLIONS DE FCFA ET L’AUTORISATION POUR LE RAPATRIEMENT DE SON CORPS

Par Bruno François Bidjang

C’est une affaire qui fait actuellement des vagues dans les salons feutrés du pouvoir à Yaoundé. La famille de l’ancien ambassadeur camerounais Henry Fossung, devenu au fil des années l’une des figures du mouvement sécessionniste anglophone, souhaite rapatrier sa dépouille au Cameroun pour son inhumation à Buéa.

Mais derrière cette demande se cache une polémique à forte charge politique. Dans une correspondance adressée à la Présidence de la République, l’épouse du défunt sollicite une assistance financière estimée à près de 50 millions de FCFA afin d’organiser les obsèques et le transfert du corps depuis les États-Unis vers le Cameroun.

Une requête qui remet brutalement sur la table une question profondément sensible dans l’histoire contemporaine du Cameroun : celle de la responsabilité morale et politique des pionniers du mouvement séparatiste anglophone dans la crise qui a ensanglanté les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pendant plusieurs années. Présenté par certains comme un militant engagé pour la défense des populations anglophones, Henry Fossung fut également l’un des visages emblématiques du Southern Cameroons National Council (SCNC), organisation ayant longtemps porté le discours sécessionniste avant que la crise anglophone ne dégénère progressivement en conflit armé.

Au fil des années, cette crise a coûté la vie à des milliers de Camerounais, provoqué des déplacements massifs de populations, détruit des villages entiers et plongé d’innombrables familles dans le deuil, la peur et la précarité. Pour de nombreux observateurs, les leaders historiques du séparatisme portent une part importante de responsabilité dans l’enracinement d’un discours radical qui a fini par nourrir la violence armée.
Aujourd’hui, la demande d’assistance adressée à l’État camerounais suscite une vague d’incompréhension dans une partie de l’opinion publique. Beaucoup s’interrogent sur ce qu’ils considèrent comme une contradiction politique et morale.

Comment peut-on combattre pendant des décennies les institutions d’un pays, remettre en cause son unité, soutenir un projet de séparation et, au moment du décès, solliciter la solidarité financière et institutionnelle du même État ? La question divise, choque parfois, mais mérite d’être posée.

Plusieurs accusations ont également circulé au fil des années dans certains milieux politiques et sécuritaires concernant l’existence de réseaux ayant facilité le départ de militants séparatistes vers les États-Unis sous couvert de demandes d’asile politique. Des témoignages évoquent des montages photographiques et des mises en scène destinées à fabriquer des dossiers de persécution afin d’obtenir plus facilement l’asile.

Au-delà de la disparition d’un homme, c’est surtout le lourd héritage politique du SCNC qui ressurgit aujourd’hui dans le débat public camerounais. Entre revendications identitaires, discours séparatistes et conséquences humaines dramatiques, la crise anglophone demeure l’une des blessures les plus douloureuses de l’histoire récente du Cameroun. Et dans cette mémoire collective encore marquée par les morts, les déplacés et les traumatismes, une interrogation continue de traverser les esprits :

Peut-on combattre un État pendant des années, contribuer à fragiliser son unité nationale, puis se tourner vers ce même État lorsqu’il faut bénéficier de son assistance, de ses honneurs et de sa solidarité ?