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Politique of Monday, 20 December 2021

Source: La Nouvelle Expression

Exécutions extrajudiciaires : un rapport de Human Rights Watch accable le Cameroun

Des groupes séparatistes armés au banc des accusés Des groupes séparatistes armés au banc des accusés

Dans son rapport mondial 2021 publié sur son site, l’organisation affirme que tout au long de l’année 2020, les groupes armés et les forces gouvernementales ont commis des atteintes aux droits humains généralisées, y compris des exécutions extrajudiciaires ou sommaires et des massacres à travers les régions anglophones du Cameroun.

Selon Human Rights Watch (HRW), le gouvernement a continué de restreindre les libertés d’expression et d’association et a fait preuve d’une intolérance croissante face à l’opposition politique. L’espace politique a été limité, les autorités s’en prenant aux opposants du Président Paul Biya et de son parti au pouvoir. En septembre, des centaines de membres et sympathisants de partis d’opposition ont été arrêtés à l’issue de manifestations visant à réclamer une résolution pacifique de la crise dans les régions anglophones. On y lit que les affrontements violents entre les forces de sécurité gouvernementales et les séparatistes armés se sont intensifiés dans ces régions.

Toujours d’après cette organisation, «en février, des militaires camerounais et des hommes armés peuls ont massacré 21 civils dans le village de Ngarbuh, dans la région du Nord-Ouest du pays. Des séparatistes s’en sont pris à des travailleurs humanitaires, à leurs locaux et à leurs biens dans les deux régions anglophones. Ils ont aussi attaqué d’autres civils, publiant certaines des vidéos de ces attaques sur les réseaux sociaux. Depuis .2017, des séparatistes imposent avec violence un boycott de l’éducation des enfants et, le 24 octobre, des hommes armés ont attaqué une école à Kumba, dans la région du Sud-Ouest, tuant 7 enfants et en blessant 13 autres».

Human Rights Watch écrit que le groupe armé islamiste Boko Haram a perpétré des attaques dans la région de l’Extrême-Nord à partir de janvier 2020, tuant des centaines de civils. «Face à ces attaques, en mars et avril, les forces gouvernementales ont obligé les civils à effectuer des gardes de nuit au niveau local pour se protéger de Boko Haram dans au moins une ville».

Quid de la crise anglophone ?

Pour HRW, des centaines de civils ont été tués depuis janvier 2020 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les violences y sont intenses depuis que la-crise a éclaté fin 2016, les séparatistes réclamant l’indépendance des régions anglophones’ minoritaires du pays. La violence a provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes cette dernière année, qui s’ajoutent aux centaines de milliers d’autres qui ont fui leurs foyers depuis le début des violences.

En mars, lorsque la pandémie de Covid-19 s’est déclarée, «les Forces de défense du Sud du Cameroun (Southern Cameroons Defence Forces, SOCADEF), un groupe séparatiste, ont appelé à un cessez-le-feu. En juin, des responsables gouvernementaux ont eu des pourparlers de paix dans la capitale, Yaoundé, avec les dirigeants du Gouvernement intérimaire d’Ambazonie (Ambazonia Interim Government), un groupe séparatiste de premier plan. Aucune de ces initiatives n’a mis fin à la violence».

Des groupes séparatistes armés au banc des accusés

HRW déclare que ces derniers ont tué, torturé, attaqué et enlevé des centaines de personnes. Ils ont aussi empêché les travailleurs humanitaires et les enseignants de faire leur travail, privant les enfants d’un accès à l’éducation. À l’approche des élections régionales en février, des séparatistes armés s’en sont pris aux personnes souhaitant y prendre part, que ce soit en tant que candidats, fonctionnaires électoraux, activistes ou citoyens. Ils ont ainsi enlevé plus d’une centaine de personnes et détruit des biens. Des rançons ont été versées pour obtenir leur libération. Le taux de participation électorale a été faible dans les régions anglophones en raison de l’insécurité et des craintes et menaces associées aux attaques, écrit HRW.

Cette organisation souligne ces faits: le 30 janvier, des séparatistes ont enlevé une lycéenne de 19 ans à Buea, dans la région du Sud-Ouest et, d’un coup de machette, l’ont amputée d’un doigt au motif qu’elle se rendait à l’école. La jeune fille a été libérée trois jours plus tard après le paiement d’une rançon. Des séparatistes ont tué au moins six civils depuis la mi-mai dont, le 17 mai, un enseignant qui travaillait à l’université de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest.

Le 6 juillet, des séparatistes ont tué un agent de santé communautaire travaillant pour Médecins sans frontières dans la région du Sud-Ouest, qu’ils accusaient de collaborer avec l’armée. En août, des combattants séparatistes à Muyuka, dans la région du Sud-Ouest, ont filmé le passage à tabac d’une femme de 35 ans qui suppliait qu’on l’épargne. Cette vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux et les combattants ont tué la femme qu’ils accusaient de collaborer avec le gouvernement.

Des séparatistes ont continué d’attaquer des écoles, des élèves et des enseignants dans l’ensemble des régions anglophones. D’après les Nations Unies, 81 % des enfants n’étaient pas scolarisés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pendant l’année scolaire 2019-2020, peut-on lire dans ce rapport.

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