C’est la révélation de la journée. Le 1er octobre 2026, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, et Brenda Soya, chargée d’affaires américaine, ont signé à Yaoundé un accord de don relatif aux objectifs stratégiques, rappelle Boris Bertolt.
Le lanceur d’alerte ne se trompe pas. Selon le ministère susmentionné, ce cadre pourrait mobiliser 510 milliards de francs CFA entre 2026 et 2030, dont environ 240 milliards américains et jusqu’à 270 milliards de ressources additionnelles camerounaises. Le confrère se charge ensuite d’éclairer les zones d’ombre.
Sur cette enveloppe annoncée, le Cameroun supporterait environ 52,9 %, contre 47,1 % pour les États-Unis. Le programme concerne notamment le VIH/Sida, la tuberculose, le paludisme, les laboratoires, la surveillance épidémiologique et les systèmes de données sanitaires.
Mais les contreparties dépassent le cofinancement. Le mémorandum signé en décembre 2025 prévoit la négociation d’un dispositif d’échange de données sur ses performances, pour dix ans, renouvelable par accord mutuel tous les cinq ans. Sa section 4.7 indique que le non-respect des engagements de partage de données et d’échantillons pourrait entraîner une modification de l’aide américaine, voire l’arrêt du mémorandum. Le lien entre financement et partage est donc explicitement prévu, souligne le lanceur d’alerte.
Aussi, poursuit Bertolt, un accord distinct sur les échantillons, signé le 16 décembre 2025 et entré en vigueur le 15 janvier 2026, précise les modalités. Son article 2 prévoit d’engager leur transmission dans les cinq jours suivant une demande américaine, sauf délai convenu autrement. Son champ concerne les maladies infectieuses nouvelles ou émergentes à potentiel épidémique ou pandémique, ainsi que leurs données associées, notamment de séquençage.
Ainsi, le Cameroun consent également au partage de ces éléments avec jusqu’à dix entités américaines non gouvernementales capables de contribuer au développement de diagnostics ou de contre-mesures médicales. L’accord dure dix ans, avec renouvellements possibles de cinq ans. Sa résiliation ne met pas fin à l’utilisation des éléments déjà transmis.
« Les bénéfices promis sont encadrés : lorsqu’une contre-mesure découle principalement des éléments camerounais, Washington doit prioriser une demande du Cameroun après ses propres besoins nationaux, sous réserve des financements disponibles et du droit applicable, et rechercher un prix égal ou inférieur au prix américain. Cette clause prévoit un avantage potentiel, sans garantir un accès immédiat et inconditionnel », lit-on sur la page de celui qui est également écrivain.
Néanmoins, des garanties figurent dans le mémorandum : les systèmes numériques doivent être hébergés sur des serveurs sécurisés sous juridiction camerounaise, et les droits sur les données nationales doivent rester détenus par le Cameroun. Ces dispositions appellent un contrôle public de leur application : quelles informations seront effectivement transmises, à quels destinataires et avec quelles protections pour les patients ? Les séquences génétiques de pathogènes ne doivent pas être confondues avec le génome des personnes, ni les données de suivi des programmes avec l’ensemble des dossiers médicaux individuels, termine la source.









