Actualités of Thursday, 15 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Le Pr Jacques Fame Ndongo, a récemment ordonné la fermeture des activités de la FUNIBER à Yaoundé et invalidé une thèse de doctorat soutenue par l’intermédiaire de Victory University International, un établissement présenté comme non autorisé. Ces décisions relancent le débat sur le contrôle des établissements privés et la prévention des formations universitaires illégales.
Enseignement supérieur privé : le ministère opère sans penser à la prévention ?
En quelques jours, le ministère de l'Enseignement supérieur a rendu publics deux verdicts : un établissement clos, une soutenance de doctorat frappée de nullité. Le Pr Jacques Fame Ndongo montre qu'il sait amputer.
Un bistouri qui tranche après coup n'a jamais tenu lieu de prophylaxie.
L'anamnèse : les faits
Le 13 octobre 2026, le ministre d'État a ordonné la cessation immédiate des activités de la Fondation universitaire ibéro-américaine (FUNIBER), à Yaoundé. Elle proposait licences, masters et doctorats sans habilitation institutionnelle. Le communiqué rappelle un principe cardinal : l'État détient le monopole de la collation des grades et diplômes.
Une semaine plus tôt, le 6 octobre, le chancelier des Ordres académiques a invalidé la thèse de Pierre Nkou Abina. Elle avait été soutenue à Yaoundé le 29 septembre 2026 par Victory University International, absente du registre des établissements autorisés, et le ministère l'a déclarée nulle et de nul effet. Le reportage de la CRTV du 3 octobre, qui avait fait connaître cette soutenance au public, a précédé le communiqué. L'alerte est donc venue après l'événement, et après les caméras.
Le même communiqué met en garde les enseignants jurés : en siégeant dans ces jurys, ils prêtent leur autorité à une contrefaçon académique.
Le diagnostic : une pathologie récurrente
Ces deux cas ne sont pas des accidents isolés. En avril 2026, le ministère avait déjà rappelé qu'aucun établissement privé n'est habilité à délivrer le doctorat (PhD). Le 1er octobre, il avait mis en garde contre cinq établissements privés qui faisaient miroiter un BTS ou un HND obtenu exclusivement en ligne. Le même mal produit les mêmes symptômes, et la thérapeutique reste la même : un communiqué après chaque lésion.
La règle, elle, est limpide : l'ouverture des programmes doctoraux et le recrutement des doctorants relèvent de la Commission nationale de la formation doctorale. Les programmes doctoraux dits « offshore » ne bénéficient d'aucune autorisation sur le territoire national. Le droit est clair. C'est son application qui boite.
Le point névralgique : la surveillance
Une administration qui apprend l'existence d'une formation illicite par la télévision, ou qui n'agit qu'une fois la soutenance tenue, révèle un défaut de veille. Le traitement au cas par cas ne guérit rien : chaque établissement fermé en laisse prospérer d'autres que personne n'a encore détectés.
L'ordonnance : ce qu'il faut exiger
1. Une liste publique et actualisée des établissements habilités, par cycle et par domaine, y compris ceux autorisés à former au doctorat.
2. Un audit national des structures opérant sans agrément, suivi de la publication des résultats et de fermetures effectives.
3. Une veille proactive, avec inspections, alertes systématiques et coordination avec les médias et les administrations locales.
4. Des sanctions réelles, y compris contre les enseignants qui prêtent leur caution à ces jurys.
Les victimes ne sont pas abstraites : ce sont des familles qui ont dépensé temps, argent et espoirs pour un parchemin sans valeur. Les protéger relève de la mission régalienne de l'État, bien avant l'art du communiqué.
Charles Armel Mbatchou