À l'approche de l'expiration des mandats des députés et des conseillers municipaux, le cadre juridique camerounais offre au président Paul Biya une marge de manœuvre pour fixer la date des prochaines élections. Entre une échéance naturelle en mai 2026 et une prorogation maximale qui repousserait le scrutin en août 2026, le Code électoral dessine deux scénarios. Dans les deux cas, la tradition camerounaise d'élections couplées législatives-municipales devrait s'imposer.
Selon le code électoral, Paul Biya a la possibilité de prolonger le mandat des conseillers municipaux pour une durée maximale de 3 mois. De plus, en conformité avec la coutume électorale, il est également en mesure d'étendre le mandat des députés pour 3 mois afin de synchroniser les élections législatives avec celles municipales prévues pour le 10 août 2026.
Sur le plan institutionnel, le mandat des députés, qui devait prendre fin en février 2025, a été prorogé jusqu’au 30 mars 2026. Celui des conseillers municipaux a été prolongé jusqu’au 31 mai 2026. Le Code électoral autorise, en cas de nécessité, une prorogation du mandat des conseillers municipaux dans la limite de 18 mois. En pratique, cela laisse une marge juridique d’environ trois mois supplémentaires, ouvrant deux scénarios : un scrutin autour de mai 2026 sans nouvelle prorogation, ou un scrutin vers août 2026 en cas de prorogation maximale. La pratique camerounaise d’organiser des élections couplées rend, dans les deux cas, probable un alignement des législatives sur les municipales.
Le mandat des députés, initialement attendu à échéance en février 2025, a été prorogé jusqu’au 30 mars 2026, selon un texte promulgué le 24 juillet 2024 fixant la nouvelle date d’expiration du mandat, à compter du 10 mars 2025, au 30 mars 2026.
Sans nouvelle prorogation, la convocation du corps électoral devrait intervenir dans les délais prévus par le Code électoral. L’article 148 dispose en effet que « l’élection a lieu au plus tard quarante (40) jours avant l’expiration du mandat des députés ». Cela signifie qu’en temps normal, la convocation du corps électoral pour les députés doit intervenir avant la session parlementaire du 10 mars. Sinon, ils n’auront plus aucune légitimité et même légalité pour voter les lois et contrôler l’action gouvernementale.
Par décret du 24 juillet 2024, le président de la République a prorogé jusqu’au 31 mai 2026 le mandat des exécutifs municipaux. Par un autre texte, et après consultation des bureaux des deux chambres du Parlement, le mandat des députés — qui devait s’achever en février 2025 — a été prorogé au 30 mars 2026.
L’article 179 du code électoral prévoit en effet que « en cas de nécessité, le président de la République peut, par décret, proroger ou abréger le mandat des conseillers municipaux ». Le même texte limite toutefois cette prorogation à 18 mois.
Dans les faits, le décret du 24 juillet 2024 a prorogé le mandat des conseillers municipaux du 25 février 2025 au 31 mai 2026, soit 15 mois. La loi autoriserait donc, au maximum, une nouvelle prorogation de trois mois, qui porterait le mandat de ces élus locaux au 31 août 2026.
Si aucune nouvelle prorogation n’intervient, et en appliquant la règle de convocation du corps électoral — les électeurs étant appelés aux urnes au plus tard 20 jours avant la fin du mandat — l’élection se tiendrait le dimanche 10 mai 2026. En cas de prorogation supplémentaire de trois mois, le scrutin aurait lieu le dimanche 10 août 2026.
La prorogation du mandat des députés n’étant pas limitée par la loi, et le Cameroun ayant historiquement organisé ces deux élections le même jour, il est attendu que les législatives s’alignent sur les municipales. En clair, des élections couplées législatives-municipales pourraient se tenir soit en mai, soit en août 2026.
Daniel Essissima/Expression Politique









