Dans l'émission "Droit de réponse" sur Equinoxe TV, l'analyste politique Edmond Kamguia a livré une lecture sans concession de la répression dont a été victime le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) samedi 29 novembre 2025. Selon lui, l'empêchement de la convention du parti et l'assignation à résidence de Maurice Kamto s'inscrivent dans une volonté de "faire payer" au MRC la victoire revendiquée par Issa Tchiroma Bakary lors de l'élection présidentielle du 12 octobre dernier.
"Tout se passe comme si certains pontes du régime, du parti au pouvoir RDPC, du gouvernement en place, voudraient faire payer au MRC la victoire qu'Issa Tchiroma dit avoir obtenue du peuple le 12 octobre dernier", a déclaré Edmond Kamguia sur le plateau d'Equinoxe TV.
Cette analyse intervient après que les forces de l'ordre ont encerclé le siège du MRC qui devait accueillir une convention interne, et placé le domicile du Professeur Maurice Kamto sous surveillance, l'empêchant de fait de se déplacer librement. Des actes que le président élu Issa Tchiroma Bakary a qualifiés d'"atteinte inacceptable à la liberté d'association et à la liberté individuelle" dans un message de solidarité publié dimanche.
Au-delà de cette analyse conjoncturelle, Edmond Kamguia s'est livré à une réflexion plus profonde sur l'héritage que laissera le président Paul Biya. "Paul Biya souhaite, il a toujours souhaité depuis les années 90, être celui pour qui on doit garder l'image de l'homme qui a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun", a-t-il rappelé.
Mais l'analyste exprime ses craintes quant à la préservation de cet héritage. "Malheureusement j'ai très peur de penser qu'on ne gardera pas l'image de l'homme qui a apporté la démocratie au Cameroun parce que certains membres de son gouvernement, des pontes du régime, du RDPC entretiennent, nourrissent, renforcent l'idée selon laquelle il faut retourner 50 ans en arrière", a-t-il déploré.
Des "pontes du régime" accusés de saboter l'ouverture démocratique
Cette déclaration constitue une charge sévère contre l'entourage présidentiel et les hauts responsables du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir depuis des décennies. Edmond Kamguia les accuse implicitement de trahir la volonté d'ouverture démocratique initiée par le président Biya dans les années 1990, notamment avec l'instauration du multipartisme.
L'expression "retourner 50 ans en arrière" fait référence à la période du parti unique et de l'autoritarisme strict qui caractérisait le Cameroun avant les réformes démocratiques du début des années 90.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique particulièrement tendu au Cameroun, marqué par la contestation des résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025 et les tensions entre l'opposition et le pouvoir en place. Le président élu Issa Tchiroma Bakary et le Professeur Maurice Kamto dénoncent régulièrement ce qu'ils qualifient de "dérives autoritaires" et appellent à l'union des "forces du changement".









