Le candidat malheureux à la présidentielle du 12 octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary s’est à nouveau adressé au peuple camerounais ce jeudi 28 mai dans un message audio dans lequel il appelle les Camerounais à la mobilisation et à se tenir prêts.
« Le peuple est ma force et mon rempart. Et pour finir, Monsieur le Président, savoir quitter les choses avant qu'elles ne vous quittent est une très grande sagesse. Je voudrais, Monsieur le Président, formuler un vœu. Ne laissez pas de dettes de sang à la postérité. Incontestablement, vous êtes en fin de règne, en fin de cycle. Il est peut-être temps de tirer la révérence. », a-t-il lancé à l’égard du président Paul Biya.
Aux forces de sécurité et de défense, il leur demande d’arrêter de servir un régime qui ne protège même pas leurs propres enfants et de ne plus tirer sur les manifestants.
« Chers compatriotes des forces de défense et de sécurité, chers compatriotes hommes et femmes en tenue, le peuple camerounais qui se trouve le dos au mur et en désespoir de cause, n'a pas de choix que de s'organiser pour se libérer. Chers compatriotes des forces de défense et de sécurité, n'obéissez à aucun ordre qui vous demande d'étouffer l'espoir.
« N'acceptez pas d'être des forces qui empêchent à un nouveau jour de se lever. Ne tirez pas, ne tuez pas, ne brutalisez pas ces hommes et ces femmes qui se battent pour que des chances égales soient données à tous, pour que des enfants des militaires, des gendarmes et des policiers soient parmi ceux qui gouverneront le Cameroun de demain. C'est à ma qualité de président élu de la République du Cameroun que je me suis adressé à vous. »
Son intervention intervient dans un contexte politique marqué par des tensions et des attentes autour de la situation nationale au Cameroun.
CI-DESSOUS, L'INTEGRALITE DU DISCOURS D'ISSA TCHIROMA
Peuple Camerounais, Peuple du changement, Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes, Le contrat du 12 octobre 2025, signé entre le peuple Camerounais, détenteur de sa souveraineté et maître de son destin, maître d'ouvrage, et Issa Tchiroma Bakary, président élu de la République du Cameroun, maître d'œuvre, ce contrat porte sur la construction du changement. Il se trouve malheureusement que sa mise en œuvre rencontre un obstacle majeur, celui qui non seulement du refus par le président Biya d'admettre sa défaite, mais encore par des pratiques mafieuses, travestit la vérité des urnes, profane le sacré en jurant sur la Bible, instrumentalise les menaces, les emprisonnements, la violence et la mort comme arme de destruction massive de la volonté du peuple, de la sorte il installe le doute et la peur dans le subconscient collectif, impose l'omerta à la presse classique et fait dire et croire que l'élection présidentielle de 2025 est arrangée dans les archives de notre histoire, sans tenir compte de ce qui peut couver sous le silence d'un peuple paupérisé, frustré, martyrisé, dépouillé de sa souveraineté, victime d'une oligarchie qui se nourrit de la misère du peuple et du sang des innocents. Le président Biya se comporte un véritable monarque de droits divins, le Cameroun étant devenu une propriété dynastique ou clanique.
Et le peuple qui aurait pu être son rempart et son assurance touristique, le peuple qui ne se reconnaît plus en lui, cesse d'être une protection pour devenir une menace. Et parce qu'enfin il réalise que tout a une fin et que la seule protection inébranlable ne peut venir que de la famille nucléaire ou élargie, il multiplie des subterfuges, des manœuvres anticonstitutionnelles qui lui permettront de rétrocéder le pouvoir à celui qui, sur le plan familial, fait l'objet d'un consensus. Monsieur le Président, ces manœuvres ne passeront pas, ne passeront jamais.
30 millions de Camerounais sont vents debout et n'accepteront jamais, quoi qu'il leur en coûtera, que la volonté du peuple, leur volonté, soit confisquée par vous. Le peuple Camerounais n'acceptera jamais que le sacrifice des pères fondateurs, de tous les pères fondateurs, soit profané et enterré. Il me plaît de vous rappeler que 30 millions de Camerounais m'ont investi d'une mission, celle de mobiliser toute la nation et ses moyens pour construire le changement.
Déjà, sur le plan régional et international, sous votre administration, le Cameroun est passé de pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure. Et aujourd'hui, devenu la risée du monde, le Cameroun est devenu l'anti modèle qu'il faut enseigner dans des universités. Monsieur le Président, ma légitimité ne repose pas sur des armes, ma légitimité repose sur le peuple.
Le peuple est ma force et mon rempart. Et pour finir, Monsieur le Président, savoir quitter les choses avant qu'elles ne vous quittent est une très grande sagesse. Je voudrais, Monsieur le Président, formuler un vœu. Ne laissez pas de dettes de sang à la postérité. Incontestablement, vous êtes en fin de règne, en fin de cycle. Il est peut-être temps de tirer la révérence.
Quant à vous, Mesdames et Messieurs de la société civile, à l'avant-garde du combat pour la reconquête de la souveraineté nationale, de la souveraineté du peuple, réjouissez-vous de ce qu'aucune armée au monde n'a jamais battu, vaincu son peuple. Je vais même aller plus loin pour vous dire, au moins 70% de nos forces de défense et de l'armée ont contribué de manière éclatante, de manière extraordinaire à ma victoire, à la victoire du peuple. Le monde entier nous regarde. Nous sommes devenus une curiosité historique alors que très peu de pays africains disposent d'un capital humain aussi nombreux, aussi important que le nôtre, disposant d'un sol et d'un sous-sol prodigieux. Nous n'avons pas été capables de faire très bon usage de ces dons que l'éternel nous a pourvus. Nous voyons des pailles dans les yeux des autres pendant que c'est des poutres que nous avons dans les nôtres.
Chers compatriotes, pour la première fois de notre histoire, nous sommes confrontés à un défi, à une menace existentielle. Le président Biya organise un coup d'État électoral avec la complicité active de l'ELECAM, le Conseil électoral et le Conseil constitutionnel. Instruit les forces spécialisées de faire usage de la terreur de la force pour neutraliser toute velléité de résistance et de manifestations hostiles.
De la sorte, il démontre qu'une organisation bien spécialisée peut briser la volonté du peuple. Phase 2, il fait modifier la constitution, crée un poste de vice-président qu'il peut nommer et révoquer autant de fois que nécessaire pour brouiller les cartes, hypnotiser le peuple, jusqu'à ce que son fils, candidat de prédilection à ce poste, soit installé. Troisième étape, organiser un népotisme d'État en installant à des postes régaliens une population dont les cultures et les traditions seraient à l'identique de la fonction publique actuelle.
Mesdames et Messieurs de la société civile, de toute la société civile, organisation syndicale, organisation non-gouvernementale, organisation religieuse, commerçants, artisans dans l'informel, immense population au chômage et en quête d'emploi, l'heure est grave, très grave. Le doute, la peur, le défaitisme, le fatalisme sont nos pires ennemis. La peur ne nous empêche pas de tomber malade.
La peur ne nous empêche pas de mourir. Mais la peur nous ôte notre liberté de citoyens. La peur nous empêche de prendre notre destin en main.
À vous tous, je vous demande de vous libérer de ces poisons existentiels. Nous sommes 30 millions de Camerounais. En termes de potentiel, c'est à la fois un tsunami, un ouragan irrésistible.
Nous ne pouvons pas accepter qu'une poignée d'individus nous rendent la vie invivable. Chers compatriotes, au même titre que d'autres peuples, dans des conditions moins inquiétantes et moins alarmantes, se sont organisés pour se libérer. Notre génération a une mission, un devoir, celui de nous libérer.
Le Cameroun est transformé en prison à ciel ouvert. Le peuple est torturé, massacré, opprimé et dépouillé de tout espoir. Um Nyobe et ses compagnons nous regardent.
Ahidjo et ses compagnons nous regardent. Le monde entier nous observe avec étonnement et s'interroge. Curieux peuples Camerounais capables du meilleur comme du pire.
Curieux peuples Camerounais capables de transformer l'ordure en or et puis l'or en ordure. Chers compatriotes, sur la base de preuves irréfutables, le monde entier sait que BIA est illégitime, illégal, c'est un imposteur, un usurpateur qui n'hésite pas à étouffer dans le sang la volonté de son peuple. Dès lors, la Charte de l'Union Africaine sur les droits de l'homme et de liberté, dont le Camerounais signataire, fait du peuple Camerounais un peuple opprimé qui a droit de s'organiser pour se libérer et qui se trouve en légitime défense.
Chers compatriotes, restons vingt debout et droits dans nos bottes. C'est tous ensemble que nous devons construire le changement, mais au préalable, nous libérer, c'est au nom de l'honneur de nos femmes et de nos enfants que nous devons tout faire pour qu'un nouveau jour se lève. Ce n'est pas une option, c'est une nécessité, c'est une obligation.
Quant à vos chers compatriotes des forces de défense et de sécurité, avant d'être des hommes et des femmes en tenue, vous êtes le peuple, vous faites partie du peuple, vous êtes témoins de la douleur, de la souffrance de votre peuple, de vous-même. Et je me dois de rappeler que de tous les corps d'État, le vôtre, celui que vous avez librement choisi, est ce corps qui accepte de sacrifier sa femme et ses enfants, de sacrifier sa propre vie pour la protection des institutions, vous êtes prêt à perdre votre vie pour protéger celle des autres. Et alors aujourd'hui, vous le savez, le peuple camerounais n'en veut plus, le peuple camerounais n'en peut plus.
Il est fatigué de savoir qu'alors qu'il ne peut pas manger à sa faim, boire à sa soif, éduquer et soigner ses enfants, parce que faute de moyens, aucun de leurs enfants ne peut passer des concours pour entrer dans la fonction publique et servir la nation au niveau de l'État. Pendant que vos propres enfants ont maintenu, en dépit du sacrifice que vous consentez pour toute la nation, vous également, et faute de moyens, vos enfants ne passeront jamais un seul concours. Dans le même temps, vous êtes témoins de ce qu'une infime minorité dispose de la fortune publique à leur guise.
Et de manière ostentatoire, ils s'affichent, ils montrent que c'est eux qui gouvernent les richesses de la nation et qu'ils en disposent à leur guise. Chers compatriotes des forces de défense et de sécurité, chers compatriotes hommes et femmes en tenue, le peuple camerounais qui se trouve le dos au mur et en désespoir de cause, n'a pas de choix que de s'organiser pour se libérer. Chers compatriotes des forces de défense et de sécurité, n'obéissez à aucun ordre qui vous demande d'étouffer l'espoir.
N'acceptez pas d'être des forces qui empêchent à un nouveau jour de se lever. Ne tirez pas, ne tuez pas, ne brutalisez pas ces hommes et ces femmes qui se battent pour que des chances égales soient données à tous, pour que des enfants des militaires, des gendarmes et des policiers soient parmi ceux qui gouverneront le Cameroun de demain. C'est à ma qualité de président élu de la République du Cameroun que je me suis adressé à vous.
Puisse Dieu, Allahu subhanahu wa ta'ala, être notre source d'inspiration, notre protection, notre guide pour la réalisation de cette noble mission qui s'est imposée à nous.









