C'est l'une des informations les mieux gardées des couloirs du Palais d'Etoudi. Alors que le débat sur la création d'un poste de Vice-président au Cameroun n'en finit pas d'alimenter les spéculations dans les cercles politiques et diplomatiques, Jeune Afrique Africa est en mesure de révéler qu'un nom circule avec insistance dans l'entourage immédiat du couple présidentiel : celui du pasteur Oswalde Baboke, actuel directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République.
Selon nos informations, l'homme de Dieu et haut fonctionnaire présidentiel figurerait dans la short-list établie par la première dame, Chantal Biya, des candidats pressentis pour occuper ce poste stratégique, dont la création constitutionnelle reste, à ce jour, l'un des chantiers les plus sensibles de la fin du règne Biya.
Un profil atypique, une trajectoire discrète
Le nom d'Oswalde Baboke est peu connu du grand public. Et c'est précisément ce qui fait sa force aux yeux de ses soutiens. Évoluant loin des projecteurs, ce pasteur promu aux plus hautes fonctions de l'administration présidentielle incarne un profil rare dans le landerneau camerounais : celui d'un homme de foi investi dans les arcanes du pouvoir d'État, jouissant d'une réputation d'intégrité et de discrétion dans un environnement où ces qualités se font rares.
Sa présence au cabinet civil de la présidence lui confère une connaissance fine des dossiers transversaux qui traversent la République, ainsi qu'une proximité directe avec les décideurs les plus influents du régime.
Ce qui frappe dans cette révélation, c'est le rôle moteur prêté à la première dame dans ce processus de présélection. Chantal Biya, dont l'influence politique réelle a longtemps été sous-estimée ou volontairement occultée, apparaît ici comme une force de proposition centrale dans l'architecture du pouvoir en gestation.
Plusieurs sources concordantes indiquent qu'elle porterait activement certains profils auprès du chef de l'État, dans la perspective d'une transition institutionnelle maîtrisée. La short-list dont ferait partie le pasteur Baboke serait le fruit d'un travail de sélection mené avec méthode, loin des tractations partisanes habituelles.
La question de la Vice-présidence cristallise depuis plusieurs mois les ambitions et les craintes à Yaoundé. Pour ses partisans, l'instauration d'un tel poste permettrait de sécuriser la continuité de l'État dans un contexte marqué par l'âge avancé de Paul Biya — 92 ans — et l'absence d'une ligne de succession clairement définie. Pour ses détracteurs, il s'agit ni plus ni moins que d'une manœuvre visant à verrouiller la transition au profit d'un clan ou d'une famille politique déterminée.
Dans ce contexte hautement inflammable, le choix d'un homme comme Oswalde Baboke — sans base partisane affirmée, sans ancrage ethnique polarisant, mais avec une légitimité spirituelle et une loyauté éprouvée envers la présidence — pourrait constituer une solution de compromis acceptable pour les différentes factions qui se disputent l'avenir du pays.
Plusieurs questions demeurent néanmoins sans réponse. La création constitutionnelle du poste de Vice-président nécessiterait une révision de la loi fondamentale, un processus long et politiquement risqué. Par ailleurs, la short-list évoquée est-elle connue de Paul Biya lui-même, ou s'agit-il pour l'heure d'une initiative autonome de la première dame ? Enfin, d'autres noms figurent-ils sur cette liste, et lesquels ?









