Actualités of Wednesday, 28 January 2026

Source: www.camerounweb.com

EXCLUSIF - Ngaoundéré en feu : comment la révolte post-électorale a failli embraser le Septentrion

Dans une enquête exclusive publiée ce mardi, Jeune Afrique lève le voile sur les violences qui ont secoué l'Adamaoua au lendemain de la présidentielle d'octobre 2025. Gaz lacrymogènes, tentative de lynchage d'un préfet et incendie d'une résidence officielle : les révélations sont explosives.

Jeune Afrique, qui s'est rendu sur place trois mois après les événements, révèle que la colère populaire a atteint des sommets inédits dans toute la région. À Banyo, localité de l'Adamaoua, le préfet Charles Gall a échappé de justesse à un lynchage par une foule en furie contestant les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel.

Encore plus spectaculaire, Jeune Afrique révèle que la résidence du secrétaire général adjoint de la présidence, Mohamadou Moustapha, a été incendiée par la foule. Un acte d'une violence inouïe visant un haut dignitaire du régime, signe de l'exaspération accumulée par les populations septentrionales.

Dans les rues de la capitale régionale, rapporte Jeune Afrique, des manifestants ont bravé l'interdiction de rassemblement en défilant dans plusieurs artères de la ville. Les forces de sécurité ont dû recourir massivement aux gaz lacrymogènes et bloquer certaines routes pour disperser les foules déterminées.
Le magazine précise que "la colère qui a jailli au lendemain de la présidentielle s'est fait sentir jusqu'aux recoins les plus reculés de l'Adamaoua", témoignant d'un mouvement de contestation généralisé et non circonscrit à la seule ville de Ngaoundéré.

Jeune Afrique a recueilli sur place un témoignage édifiant : "Lors des passages des candidats de l'opposition durant la campagne, c'était carton plein, confie un riverain, surtout pour Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari, qui sont quelque part des fils d'ici".
Les résultats officiels confirment cette déferlante : Issa Tchiroma Bakary a remporté la présidentielle dans l'Adamaoua avec 50% des suffrages contre 34,61% pour Paul Biya, révèle Jeune Afrique. Mais selon les chiffres de l'opposant, sa victoire grimperait à 75% dans la région.

L'enquête de Jeune Afrique montre que le calme n'est que précaire. En décembre dernier, une simple gifle assénée par un gendarme à un conducteur de camion a déclenché un mouvement d'humeur inédit des transporteurs à Meiganga, paralysant les échanges entre le Tchad et le Cameroun.

Quelques jours plus tard, relate le magazine, un policier a été lynché pour avoir ouvert le feu sur un vendeur d'eau lors d'un contrôle. Autant de signaux alarmants prouvant que "sous l'apparente normalité d'un retour aux affaires quotidiennes, couve encore un sentiment de révolte à l'égard de tout ce qui concerne le pouvoir central", conclut Jeune Afrique.

Le magazine révèle que des mots d'ordre appelant à barrer la route aux candidats du RDPC circulent déjà dans la capitale régionale en vue des prochaines élections locales prévues en mai 2026.

"Sur le plateau de l'Adamaoua, le vent de la contestation n'a pas cessé de souffler", avertit Jeune Afrique dans cette enquête qui dessine les contours d'une poudrière prête à exploser à nouveau.