Actualités of Wednesday, 27 May 2026

Source: www.camerounweb.com

EXCLUSIF : Jeune Afrique révèle comment Ngoh Ngoh a imposé le silence après la chute de Paul Biya au palais présidentiel

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Il y a des moments dans l'histoire d'un régime qui se passent dans les coulisses — et que les régimes font tout pour garder dans les coulisses. Le 20 mai 2026, lors de la réception organisée au Palais de l'Unité à l'issue du défilé de la Fête Nationale, l'un de ces moments s'est produit. Paul Biya, Président de la République du Cameroun, a chuté. Des médecins se sont précipités. La DSP a sécurisé le périmètre. Et Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire Général de la Présidence, a immédiatement demandé aux invités présents de «garder le silence sur l'incident, sous peine de sanctions». C'est Jeune Afrique qui révèle en exclusivité ce qui s'est passé ce soir-là au cœur du pouvoir camerounais.


Selon les révélations de Jeune Afrique, basées sur des «témoins présents et des sources présidentielles», le déroulé est précis. Alors que plusieurs centaines d'invités étaient rassemblés dans les salons du palais présidentiel pour la réception traditionnelle du Chef de l'État, Paul Biya a été victime d'un malaise. Il a chuté. Les éléments de la Direction de la Sécurité Présidentielle (DSP) se sont immédiatement précipités pour «sécuriser le périmètre» — écartant les invités, formant un cordon humain autour du Chef de l'État. Des médecins ont «pris en charge le chef de l'État, conduit en urgence vers les services médicaux du palais».

La scène a «provoqué un mouvement de stupeur dans l'assistance» — selon Jeune Afrique. Des centaines d'invités — ministres, diplomates, chefs traditionnels, responsables d'institutions — témoins d'un moment que le système camerounais s'emploie depuis des années à empêcher de voir : la fragilité physique d'un homme de 93 ans qui gouverne depuis 44 ans.


La gestion de la crise révèle le fonctionnement réel du pouvoir à Etoudi. Selon Jeune Afrique, c'est Ferdinand Ngoh Ngoh qui a pris les commandes de la communication de crise — ordonnant aux invités de se taire «sous peine de sanctions». Un Secrétaire Général de la Présidence qui menace des invités d'un palais présidentiel pour qu'ils gardent le silence sur ce qu'ils viennent de voir : c'est la définition même d'un pouvoir qui ne peut plus s'appuyer sur la transparence et qui choisit la menace comme outil de gestion de l'information.
Quelques minutes plus tard, c'est Chantal Biya — la Première Dame décrite par Jeune Afrique comme «la face émergée de l'iceberg présidentiel camerounais» — qui est intervenue pour «exhorter les convives à poursuivre la fête». Une femme qui prend en main la réception de son mari défaillant, face à des centaines d'invités médusés. Une image qui dit, mieux que tout commentaire, où se situe réellement le centre de gravité du pouvoir à Etoudi en ce moment.

La CRTV coupe en direct : une censure visible
Jeune Afrique révèle un détail technique qui n'en est pas un : «Les équipes de la CRTV avaient immédiatement coupé les images de la cérémonie, retransmises avec un différé sur les antennes.» Des caméras débranchées en urgence. Un flux retransmis en différé — précisément pour permettre ce type d'intervention éditoriale. La chaîne publique camerounaise, qui avait déjà reçu des consignes interdisant les «plans serrés ou trop longs sur le Chef de l'État» pendant le défilé, a réagi en quelques secondes pour effacer de l'antenne nationale ce que les yeux de centaines d'invités avaient vu en direct. La censure au service de la continuité d'un mythe.

«Coup de fatigue» ou malaise sérieux ? Deux versions qui se contredisent
Jeune Afrique révèle avec une honnêteté journalistique rare que les sources au palais présidentiel elles-mêmes ne racontent pas la même histoire. «Certains responsables du palais ont évoqué un simple «coup de fatigue»» — la version officieuse rassurante. Mais «d'autres sources indiquent que le malaise a été plus sérieux et que le président Biya reste depuis sous observation médicale». Deux versions, une même institution — qui dit à quel point l'information sur la santé du Chef de l'État est fragmentée, contrôlée et contradictoire jusque dans ses propres murs.