Actualités of Friday, 14 August 2026

Source: www.camerounweb.com

ETOUDI : la bataille de succession vire à l'affrontement de clans ethniques, s'alarme Le Figaro

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Derrière les éléments de langage officiels sur la continuité de l'État, c'est une réalité bien plus explosive que décrit une enquête du Figaro : la succession de Paul Biya, 93 ans et invisible depuis plus de deux mois, prend les allures d'un affrontement entre deux clans structurés autour de logiques familiales et communautaires, dans un pays où un tel schéma ravive des souvenirs douloureux de rivalités ethnorégionales.

Un « clan des Bulus » contre le clan de la seconde épouse

Selon Le Figaro, Franck Biya, fils aîné du président, incarnerait aujourd'hui le champion de ce que le quotidien nomme le « clan des Bulus », du nom de l'ethnie de la famille Biya. En face, Chantal Biya, seconde épouse du président, défendrait ses propres intérêts et ceux de ses enfants, épaulée par le redouté secrétaire général à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Une polarisation que Le Figaro décrit comme nourrissant depuis des années la chronique politique camerounaise, entre coups bas, arrestations ciblées et accusations croisées de corruption.

Une critique qui dépasse le seul jeu des clans

Ce que Le Figaro met en lumière avec une certaine gravité, c'est que cette perspective de succession dynastique — un fils héritant du pouvoir de son père après quarante-quatre années de règne — suscite le rejet d'une partie significative de l'opinion camerounaise, qui reproche déjà à Paul Biya un exercice du pouvoir proche de la monarchie. Un rejet d'autant plus significatif qu'il s'accompagne, selon le quotidien, d'un vœu inquiétant exprimé par une partie de la population : celui de voir, en cas de coup dur, l'armée sortir des casernes pour rétablir l'ordre — signe, selon Le Figaro, d'une légitimité du régime « plus qu'usée ».

Une bombe à retardement institutionnelle

En creux, ce que cette lecture du Figaro révèle, c'est le risque d'un scénario où la succession d'un pouvoir personnel vieux de plus de quatre décennies se réglerait non pas dans les urnes ou dans un cadre constitutionnel clarifié, mais dans un rapport de force entre clans familiaux adossés à des logiques communautaires — un schéma dont l'histoire du continent africain a montré, à maintes reprises, la dangerosité potentielle pour la stabilité d'un pays tout entier.