Actualités of Saturday, 4 April 2026

Source: www.camerounweb.com

ETOUDI: Paul Biya a désigné son successeur

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Adoptée à une majorité écrasante de 200 voix sur 222 votants, la révision constitutionnelle instaurant un poste de Vice-Président nommé marque un « tournant dramatique » dans l'histoire politique du Cameroun. Dans une tribune sans concession, l'auteur dénonce une « crucifixion de la démocratie camerounaise » portée par des élus aux mandats prolongés « arbitrairement ». Il fustige un « dauphinat constitutionnel » qui rappelle la période Ahidjo-Biya de 1982, où le pouvoir se transmettait au sein d'un cercle restreint.





La récente modification constitutionnelle initiée par Paul Biya, instaurant un poste de Vice-président nommé, marque un tournant dramatique dans l'histoire politique du Cameroun. Adoptée à une majorité écrasante de 200 voix sur 222 votants, cette réforme a été portée par des députés et sénateurs largement considérés comme illégitimes. Ces élus, dont les mandats ont été prolongés arbitrairement, ne représentent nullement la volonté du peuple camerounais, mais plutôt les intérêts personnels du "Président" Biya.

Ce « dauphinat » constitutionnel rappelle tristement les pratiques autoritaires du passé, notamment la période Ahidjo-Biya de 1982, où le pouvoir était soigneusement transmis au sein d'un cercle restreint. En instituant un Vice-président nommé, qui sera également son héritier constitutionnel, Paul Biya semble vouloir sceller son emprise sur le pouvoir, refusant de se soumettre aux règles démocratiques normales et s'assurant que son fils Franck Biya ou un proche totalement soumis lui succède.

Cette manœuvre politique constitue une véritable crucifixion de la démocratie camerounaise. Elle illustre la mainmise d'un homme sur les institutions et la marginalisation des citoyens dans le processus de décision. Le Cameroun se retrouve ainsi enfermée dans un système de succession non démocratique, perpétuant un régime où le pouvoir se transmet de manière héréditaire plutôt que par la volonté populaire.

Face à cette situation, il est urgent que les forces vives de la nation, les acteurs politiques, la société civile et la communauté internationale s'engagent fermement pour restaurer une gouvernance transparente, légitime et respectueuse des principes démocratiques. Le destin du Cameroun ne peut être sacrifié au profit des ambitions d'un seul homme. La construction d'un avenir juste et démocratique est plus que jamais une nécessité impérative.