Actualités of Tuesday, 27 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Le ministre d'État, secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, a accordé une audience au professeur Maurice Kengne Kamga, président du Tribunal international du droit de la mer, au nom du président Paul Biya. Une rencontre qui illustre, selon les observateurs, la montée en puissance du SGPR dans la conduite des affaires diplomatiques du pays.
C'est une audience qui, sous couvert de protocole, révèle une réalité politique de plus en plus assumée. Ce lundi 26 octobre 2026, Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d'État et secrétaire général de la Présidence de la République, a reçu le professeur Maurice Kengne Kamga, président du Tribunal international du droit de la mer.
Une représentation au plus haut niveau
Selon le communiqué officiel, cette audience a été accordée « au nom du Président de la République, Son Excellence Paul Biya ». Un détail qui a son importance : le chef de l'État, absent de la scène publique depuis plusieurs semaines, délègue une nouvelle fois la représentation diplomatique à son secrétaire général.
Le texte précise que Ferdinand Ngoh Ngoh « s'est acquitté d'une importante mission de représentation au sommet de l'État, illustrant ainsi le rôle stratégique de la Présidence de la République dans la conduite des relations institutionnelles et diplomatiques du Cameroun ».
Ngoh Ngoh, véritable chef de la diplomatie ?
Cette audience n'est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, Ferdinand Ngoh Ngoh multiplie les rencontres avec des personnalités étrangères, les ambassadeurs et les représentants d'institutions internationales. Une manière de suppléer un président de plus en plus absent de la scène publique.
Selon des observateurs, le SGPR serait devenu le véritable centre de gravité de l'appareil diplomatique camerounais. Il recevrait les lettres de créance, superviserait les négociations internationales et, désormais, accueillerait les présidents des juridictions internationales.
Un contexte de vide institutionnel
Cette montée en puissance de Ferdinand Ngoh Ngoh s'inscrit dans un contexte de vide institutionnel persistant. Le poste de Vice-Président de la République, créé par la révision constitutionnelle d'avril 2026, reste vacant. Le remaniement gouvernemental, annoncé à plusieurs reprises, n'a jamais eu lieu. Et Paul Biya lui-même n'est plus apparu en public depuis son retour au pays le 20 août 2026.
Dans ce contexte, le secrétaire général de la Présidence apparaît comme le seul visage de l'État capable d'assurer la continuité protocolaire et diplomatique.
Une stratégie de légitimation
Le communiqué officiel insiste sur le « rayonnement diplomatique du Cameroun » et « l'attachement constant du Chef de l'État au dialogue institutionnel ». Une manière de légitimer l'action de Ferdinand Ngoh Ngoh et de présenter cette délégation comme un acte de bonne gouvernance.
Mais pour certains observateurs, cette délégation répétée pourrait aussi être interprétée comme une stratégie de positionnement. À l'approche de la nomination du Vice-Président, Ferdinand Ngoh Ngoh chercherait à démontrer qu'il est l'homme de la situation, capable d'assurer la continuité de l'État.