Actualités of Wednesday, 12 August 2026

Source: www.camerounweb.com

ETOUDI : Mvondo Ayolo contre Ngoh Ngoh, l'affrontement qui structure le pouvoir camerounais depuis 2018

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Depuis sa nomination surprise à la tête du cabinet civil de Paul Biya en 2018, Samuel Mvondo Ayolo entretient une rivalité durable avec Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence. Selon des révélations de Jeune Afrique, cet affrontement, né d'un choix présidentiel inattendu, structure depuis lors une bonne partie des équilibres de pouvoir à Yaoundé.



D'après les informations de Jeune Afrique, lorsque Martin Belinga Eboutou, alors directeur du cabinet civil, doit quitter ses fonctions pour raisons de santé début 2018, la première dame Chantal Biya pousse la candidature de l'un de ses proches, Oswald Baboke. Mais c'est finalement Samuel Mvondo Ayolo, alors ambassadeur en France, que choisit Paul Biya — reléguant de facto Oswald Baboke au rang d'adjoint dans le nouveau cabinet, et faisant de Ferdinand Ngoh Ngoh, selon le média, un adversaire irréductible.



Jeune Afrique rapporte qu'aux yeux de l'entourage présidentiel, Samuel Mvondo Ayolo est perçu, qu'il le veuille ou non, comme l'un des représentants du clan bulu — la famille élargie du chef de l'État, originaire du Sud du pays. Une appartenance qui l'opposerait structurellement, selon des sources proches de la présidence citées par le média, au cercle constitué autour de Chantal Biya, dans lequel évoluent justement Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke. Une ligne de fracture qui, selon Jeune Afrique, dépasse les seules personnalités en présence pour refléter des équilibres régionaux et familiaux plus profonds au sein du pouvoir camerounais.



Alors que Paul Biya séjourne en Suisse depuis juin, Jeune Afrique rapporte que Ferdinand Ngoh Ngoh occupe, à Yaoundé, un rôle que le média qualifie de quasi-« régent ». Une source proche du dossier confie à Jeune Afrique que la principale activité de Samuel Mvondo Ayolo, au-delà de la gestion du quotidien présidentiel à Genève, consiste précisément à surveiller le clan Ngoh Ngoh, pour s'assurer qu'aucune décision importante ne puisse être prise sans l'aval personnel de Paul Biya. Les deux hommes, selon Jeune Afrique, entretiennent des réseaux antagonistes jusque dans les rangs du gouvernement de Joseph Dion Ngute.

Un rapprochement stratégique avec Franck Biya

Jeune Afrique note également que Samuel Mvondo Ayolo se serait, au fil du temps, rapproché de Franck Biya, le fils du président, qui ne cache plus ses ambitions pour la vice-présidence. Un rapprochement qui pourrait, selon le média, redessiner les alliances dans la perspective d'une transition, Samuel Mvondo Ayolo étant décrit par un proche comme quelqu'un ayant longtemps cherché à se maintenir « au-dessus de la mêlée », avant d'être, selon les mots mêmes de cette source rapportée par Jeune Afrique, « forcé de descendre dans l'arène, là où la guerre des clans fait rage ».



Ces éléments, documentés par Jeune Afrique, dessinent une opposition entre deux hommes dont les rôles institutionnels se complètent en théorie, mais dont les intérêts claniques divergent en pratique — une configuration qui, selon le média, pourrait peser lourd dans les arbitrages à venir sur la succession de Paul Biya.