Le Cameroun lance une nouvelle mesure de ses conditions de vie au moment où la dernière photographie disponible situe la pauvreté nationale à 37,7 %. La qualité d’ECAM6 dépendra autant du questionnaire que de la confiance de 15 777 ménages sollicités.
L’Institut national de la statistique conduit la collecte depuis le 8 octobre avec l’appui du programme HISWACA financé par la Banque mondiale. L’échantillon comprend 14 157 ménages hors camps et 1 620 ménages dans des camps ou sites de réfugiés.
Les modules portent sur les revenus, la consommation, le logement, l’éducation, l’emploi du temps, la mobilité, la classe moyenne et l’économie domestique. Environ 1 080 ménages avaient été visités au moment du point publié le 28 octobre.
L’enquête intervient au milieu de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Le taux de pauvreté est passé de 40,2 % en 2001 à 37,5 % en 2014, puis a remonté autour de 38,6 % en 2021 avant d’être estimé à 37,7 % lors de la dernière édition.
Ces moyennes cachent un écart profond : 21,6 % en milieu urbain contre 56,3 % en milieu rural. ECAM6 doit permettre de vérifier si les politiques publiques ont réduit cette fracture.
Les enquêteurs signalent toutefois des absences et des refus, notamment à Yaoundé et Douala, alimentés par le manque d’information et la méfiance. Si certains profils répondent moins que d’autres, les résultats peuvent être biaisés malgré les pondérations. L’INS doit renforcer la communication, protéger les données et expliquer clairement l’usage des réponses. Une statistique publique devient utile lorsque les citoyens savent comment elle est produite, quand les résultats seront publiés et quelles décisions ils pourront réellement éclairer.









