Actualités of Thursday, 27 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Du Nord au Sud : comment la rupture Ahidjo-Biya s'est jouée dans les casernes

Jeune Afrique révèle les dessous militaires du bras de fer ayant opposé Ahmadou Ahidjo à son successeur Paul Biya en 1983, une confrontation qui, au-delà des manœuvres politiques et institutionnelles, s'est également jouée dans les états-majors et les casernes camerounaises.



Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, la journée du 18 juin 1983 constitue un tournant méconnu de cette crise. Le média rapporte que ce jour-là, alors que Paul Biya venait d'écarter du gouvernement plusieurs barons proches d'Ahmadou Ahidjo, ce dernier avait convoqué en urgence, à sa résidence du Lac, l'ensemble des ministres originaires de sa région d'origine, le Nord, pour leur demander de démissionner collectivement — une manœuvre qui, selon Jeune Afrique, s'est finalement soldée par un échec.

Une réunion d'officiers supérieurs sous haute tension

Fait plus significatif encore révélé par le média : ce même soir, une seconde réunion aurait rassemblé des officiers supérieurs eux aussi originaires du Nord, chez le délégué général à la gendarmerie. Jeune Afrique établit un lien direct entre cette rencontre et le limogeage, quelques semaines plus tard, du ministre des Forces armées Maïkano Abdoulaye, présenté par le média comme l'un des organisateurs de cette réunion et considéré par Paul Biya comme l'un des artisans d'un complot visant sa propre personne.



En reconstituant cette chronologie précise, Jeune Afrique éclaire ainsi la genèse d'une confrontation qui allait déboucher, quelques mois plus tard, sur la condamnation à mort par contumace d'Ahmadou Ahidjo, puis sur une tentative de putsch en avril 1984, imputée à des officiers proches de l'ancien président. Une séquence qui démontre, selon les termes mêmes de l'enquête du média, à quel point l'affrontement entre les deux hommes a rapidement dépassé le seul cadre politique pour s'ancrer dans les rivalités régionales et sécuritaires structurant l'appareil d'État camerounais depuis l'indépendance.