Roger Mbassa Ndine, le maire de la ville de Douala, « défie les membres du gouvernement ». C’est le lanceur d’alerte Boris Bertolt qui le dit en s’appuyant sur des éléments précis que notre rédaction partage avec les lecteurs.
Un nouveau bras de fer se dessine autour du marché de la publicité à Douala. Des correspondances signées par le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, relancent les interrogations sur l’affectation des annonceurs à des régies déterminées par la communauté urbaine.
En mars 2026, le Mincom, Rene Sadi avait rappelé aux collectivités territoriales le principe du libre choix des régies par les annonceurs. Le 13 juillet, le ministre de la Décentralisation, Georges Elanga Obam, est allé plus loin.
Dans une lettre adressée aux maires, il constate que certaines communes continuent « à procéder à l’affectation d’autorité des annonceurs à certaines régies de publicité » et demande de faire cesser cette pratique, présentée comme contraire aux règles de libre concurrence.
Pourtant, une correspondance du maire de Douala datée du 31 août 2026 interpelle le directeur général d’Alicia Hôtel sur les droits d’occupation du domaine public liés à ses dispositifs publicitaires pour 2025 et 2026. L’entreprise dispose de 15 jours pour régulariser sa situation ou présenter ses justificatifs.
Mais un passage retient l’attention : pour les « modalités pratiques », la mairie demande au contribuable de prendre attache avec un « régisseur accrédité » et désigne nominativement Proxy Media pour Douala 5.
Selon l’Association des régisseurs en publicité du Cameroun (ARPC), d’autres contribuables auraient reçu des correspondances accompagnées de factures émises par des régies comme Proxy Media, Cameroon Publicity et Vision Plus. L’association s’interroge sur le fondement juridique de ce dispositif et sur la place de régies privées dans une procédure concernant des droits communaux. L’ARPC affirme avoir saisi le préfet du Wouri, le Mincom, le Minddevel, le Minfi et le Mincaf.









