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Actualités Régionales of Tuesday, 9 November 2021

Source: Le Zénith

Douala : les procureurs se battent pour de l'argent

La gestion de procédures des déférés est à l'origine du conflit La gestion de procédures des déférés est à l'origine du conflit

Un malaise fragilise depuis quelque temps les relations entre le Procureur Général près la Cour d’Appel du Littoral et celui de la République près le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo, Le premier soupçonnerait le second de s’en mettre plein les poche sur la gestion de procédures des déférés sans lui rendre compte.

Dire aujourd’hui que le corps de la justice est l’un des plus corrompus dans le landernau camerounais relève d’une vérité de Lapalisse. Pourtant, La justice se trouve au cœur de la lutte menée en tout temps par les pouvoirs publics contre la corruption. Non seulement parce qu’elle est dans son rôle de connaître cette infraction et d’en dire le droit, mais aussi parce que malgré les efforts consentis jusqu’ici, le fléau à l’image de la mafia, a pris le système judiciaire camerounais en otage.

Les magistrats sont de plus en plus accusés de torpiller les procédures judiciaires pour des prébendes, d’abus de pouvoir et d’autorité, de rackets de trafics d’influence et autres. Et pour ne pas arranger les choses, les rapports des Procureurs généraux et leurs homologues ne sont pas toujours cordiaux, empoisonnant de ce fait toute la chaîne du pouvoir judiciaire.

Les derniers ont depuis peu maille à partir avec les premiers qui, semble-t-il auraient vendu leur âme au diable et ne jureraient plus qu’au nom de l’argent, au grand dam de leurs missions régaliennes. Pour illustration, dans une correspondance datée du 22octobre 2021 dernier et parvenue à notre rédaction, le Procureur de la République près la Cour d’Appel du Littoral tance vertement son homologue près le Tribunal de Première instance de Douala-Bonanjo sur la gestion des procédures des déférés.

On peut y lire : » Depuis ces derniers temps, j’ai constaté que le nombre de procédures de déférés traitées par votre Parquet est très faible (02 déférés le lundi 18 /l0/202l, 09 le mardi 19/10/2021,05 le mercredi 20/10/2021, 06 le jeudi 21/10/2021) par rapport à la production d’avant, au nombre d’unités de la police judiciaire que vous dirigez(une trentaine) et à l’état quotidien des gardés à vue qui vous est adressé régulièrement.

Cette situation qui laisse voir que vous traitez les procédures de déférés à mon insu ne me permet pas de contrôler aisément l’activité de votre Parquet créant ainsi davantage des problème aux justiciables qui m’inondent de requêtes en intervention.

Certaines procédures retournées pour-complément d’enquête ou pour inviter les suspects à désintéresser les victimes avec prescription de déférer ceux-ci au parquet généralement dans les 48 heures, ne reviennent plus comme exigé sans que cela soit réclamé. Les vérifications faites me laissent croire que vous décidez de régler ces problèmes à l’amiable transigeant parfois sur l’action publique.

Les personnes faisant l’objet de mandats d’amener que vous décernez régulièrement avec vos substituts et qui sont généralement gardées à vue dans le cadre de leur exécution, parfois plusieurs jours durant ne figurent pas sur les états des déférés… J’attache un grand prix au respect scrupuleux des présentes instructions dont je vous demande d’assurer la diffusion auprès de vos substituts et m’accuser réception ». Initiative noble et même louable sur la forme. Mais au fond, c’est une histoire de sous qui diviserait les deux magistrats.

Procès en sorcellerie

En effet, des sources bien introduites dans ce milieu font état de ce que l’affranchissement du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo vis-à-vis du Procureur Général près la Cour d’Appel du Littoral ne serait pas du goût de ce dernier. Mais, comment comprendre que tous les procureurs des juridictions inférieures de la Région du Littoral.se plaignent de son esprit envahisseur ?

Il se raconte que l’homme se serait rabaissé à un niveau insoupçonnable parce qu’il voudrait absolument tout contrôler. Cette situation aurait pour conséquence, d’énerver ses confrères qui auraient décidé de n’en faire désormais qu’à leur tête. Il prendrait un malin plaisir à faire des descentes dans les cellules de gendarmeries et commissariats de son ressort pour s’en quérir du nombre des gardés à vue. Cet exercice s’effectuerait le, plus souvent les jeudis et les vendredis parce que dit-on, les affaires sont juteuses ces jours de la semaine. Vérités ou simples allégations ?

Toujours est-il qu’un de ses collaborateurs rencontré par nos sources a balayé ces dires d’un revers de la main, parlant de procès en sorcellerie. En effet, du fait que Douala soit une ville des affaires, tous les fonctionnaires affectés ici ne pensent qu’à s’enrichir très vite. Qu’importe la manière. Le Procureur Général qui tient au travail bien exécuté essuie de ce fait les foudres de ses homologues qui trouvent en lui, un empêcheur de “manger en rond”.

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