Congé fiscal, abattement pour l’emploi des jeunes et accès à la commande publique. Les incitations existent. Reste à rendre le passage à la légalité plus simple que l’informel.
Douala concentre près de 38% des petites et moyennes entreprises formelles du Cameroun. C’est dans cette ville que le ministère des PME a tenu, les 1er et 2 septembre, la 11e caravane consacrée aux Centres de gestion agréés.
Ces structures sont censées accompagner les entrepreneurs dans la comptabilité, les déclarations fiscales et la gestion quotidienne. Le gouvernement met aussi en avant des avantages prévus par la loi de finances 2026, dont un congé fiscal de 3 ans, un abattement supplémentaire de 20% pour les entreprises qui recrutent et forment des jeunes et des femmes, ainsi qu’un accès facilité à la commande publique.
Sur le papier, l’offre est attractive. Dans la pratique, beaucoup de petits opérateurs redoutent la complexité administrative, le coût de la conformité et une fiscalité perçue comme imprévisible. Une caravane ne peut convaincre durablement que si elle transforme ces inquiétudes en réponses concrètes.
La formalisation doit produire un bénéfice visible. Une entreprise qui tient ses comptes peut mieux mesurer ses marges, solliciter un crédit et répondre à un marché. Mais si les démarches restent longues ou si la commande publique demeure inaccessible, l’incitation perd sa force.
Douala fournit un laboratoire décisif. Le succès ne se mesurera pas au nombre de participants dans la salle des fêtes d’Akwa, mais aux adhésions effectives, aux entreprises encore actives après 12 mois et aux emplois déclarés. La formalité devient utile lorsqu’elle ouvre une porte, pas lorsqu’elle ajoute seulement un formulaire.









