Actualités of Thursday, 1 January 2026
Source: www.camerounweb.com
Aujourd'hui, elle le regrette. La dame, appelée, Michka, détaille qu'il y a de cela plusieurs années, elle a épousé un homme bon. Tout allait bien dans leur couple : « J'étais heureuse et nous avions une belle vie, mais il manquait une chose à notre bonheur : un enfant ».
Malgré tous mes efforts et ceux de la médecine moderne, je ne parvenais pas à porter en mon sein un enfant. Cette situation était en train de tuer mon mariage à petit feu. Ma belle-famille commença à chuchoter dans mon dos. J'étais dévastée.
Déjà cinq ans de mariage et pas l'ombre d'un bébé à l'horizon. Je ne savais pas à quel saint me vouer. Mon mari me dit qu'il comprenait, mais c'étaient des mensonges. Il revint un soir avec une femme qu'il présenta comme sa maîtresse, elle était enceinte jusqu'aux yeux.
Il ne savait pas comment me l'annoncer. Il préférait me mettre devant le fait accompli. Je ne sus jamais comment je parvins à surmonter cette trahison. Mon utérus était vide. Mon mari avait maintenant un enfant qu'il m'avait imposé.
J'aurais pu quitter la maison, mais je ne voulais pas m'avouer vaincue. Je me dis que c'était de ma faute. Si j'avais fait un bébé, mon mari n'aurait jamais épousé une autre femme. Ma belle-famille était enfin heureuse. Elle passait le temps à célébrer le nouveau-né.
La seconde femme passait le temps à me narguer, à me faire comprendre qu'elle était l'élue et que je n'étais qu'un déchet qu'on supportait. Elle réussit à donner encore deux enfants à mon mari. J'étais là, je n'avais rien, mais je ne pouvais me résoudre à haïr ses enfants. Elle ne m'avait pas lâchée allant jusqu'à m'insulter sur la place du marché.
Je devins la risée de tout le quartier. Mon mari refusa de s'impliquer dans cette situation qui commença à me miner. Il me disait qu'il n'avait rien à dire. C'était la mère de ses enfants et il ne voulait pas la mettre en colère.
« Mais je suis ta femme », hurlais-je pour me faire entendre. « Oui, mais c'est elle qui m'a donné des enfants. Que veux-tu que je fasse ? ». Cette question blessante qui revenait à chaque fois.
Je savais depuis longtemps que je ne servais à rien. Ils n'avaient pas cessé de me le répéter. Mon cœur commença à se remplir d'aigreur, de haine et d'amertume alors je fis le saut. Ce jour-là, je revins du marché avec une chose que j'avais prévue.
La seconde femme était dans sa chambre. Je venais de terminer le repas. Je demandai aux enfants de venir manger. J'avais pris le soin d'y verser le liquide que j'avais acheté. Deux minutes après avoir mangé, je les vis s'étaler au sol devant mes yeux. Elle sortit de la chambre et se mit à crier à la vue de ses enfants. « Mais qu'as-tu fait ? », hurla-t-elle en me regardant.
Elle alerta le voisinage. Il se faisait tard. Avant même d'arriver à l'hôpital, ils étaient tous morts. Ils avaient cinq, trois et un ans. Je compris trop tard que je venais de commettre l'irréparable. Aveuglée par la haine, j'étais devenue une meurtrière et trois innocents avaient perdu la vie. Je ne réussis pas mon suicide. Ils m'avaient empêchée de le faire.
Ils se mirent à me lyncher mais ce n'était pas important pour moi. Ça faisait plusieurs années que j'avais déjà tout perdu. Trois enfants étaient décédés parce que j'avais laissé la haine prendre possession de mon cœur. J'étais un monstre. Deux mois après le drame, j'appris au fond de ma cellule que j'étais enceinte comme si le ciel ne m'avait pas assez punie.
J'ai appris que mon mari est devenu l'ombre de lui-même et que la seconde épouse est devenue folle, de douleur. Et moi, je ne suis plus qu'une personne loufoque et je recherche une famille d'accueil pour mon enfant.
Je n'ai pas le droit de vivre. Je ne demande pas votre clémence. Partez quand il est encore temps. Ne laissez pas la haine devenir un trait de votre personnalité. Je suis désolée.