Actualités of Tuesday, 15 September 2026
Source: www.camerounweb.com
Interrogé par la défense ce mardi 15 septembre 2026 devant le Tribunal militaire de Yaoundé, le Lieutenant-Colonel Dieudonné Bialo, 35ᵉ témoin de l'accusation, a répondu par la négative à une question directe de Me Claude Assira : le nom du ministre d'État, ministre de la Justice, Laurent Esso, est-il apparu au cours de son enquête ? Une réponse laconique qui écarte, pour l'instant, la piste du Garde des Sceaux dans les investigations officielles.
C'est une question qui, depuis le début du procès, revenait avec insistance dans les couloirs du Tribunal militaire de Yaoundé. Ce mardi 15 septembre 2026, Me Claude Assira, avocat de la défense, a posé la question sans détour au Lieutenant-Colonel Dieudonné Bialo, du Service Central des Recherches Judiciaires (SCRJ), appelé à la barre comme 35ᵉ témoin de l'accusation.
La réponse du Lieutenant-Colonel Bialo a fusé, nette et sans ambiguïté : « Non. » Aucune précision supplémentaire, aucun développement. Une réponse courte qui, en trois lettres, écarte le nom du ministre de la Justice des éléments matériels recueillis par les enquêteurs du SCRJ.
Un contexte où le nom de Laurent Esso plane depuis le début
Cette réponse intervient dans un contexte où le nom de Laurent Esso a été régulièrement cité dans les débats publics et médiatiques autour de l'affaire Martinez Zogo. Dès février 2023, Reporters sans frontières (RSF) indiquait que « l'étau se resser[ait] autour du garde des Sceaux Laurent Esso », évoquant des appels passés entre l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, Justin Danwe et le ministre de la Justice dans la soirée du 17 janvier 2023 .
D'autres sources, plus polémiques, ont affirmé que Laurent Esso aurait été cité comme commanditaire présumé de l'assassinat, notamment par le Lieutenant-Colonel Justin Danwe . Mais ces accusations n'ont, à ce jour, donné lieu à aucune poursuite judiciaire à l'encontre du Garde des Sceaux.
Le Lieutenant-Colonel Bialo est une figure centrale de la procédure. C'est lui qui, en tant que chef du Service Central des Recherches Judiciaires, avait adressé en mars 2023 une correspondance à Jean-Pierre Amougou Belinga pour organiser un transport judiciaire au sein de son groupe médiatique . Son nom apparaît également dans les débats sur la coordination entre les différents services impliqués dans l'enquête.
Quelques jours plus tôt, le 14 septembre 2026, un autre accusé, Bruno Bidjang, avait vivement interpellé le colonel Jean-Pierre Otoulou sur les conditions de son interpellation et l'absence de confrontation avec le cyber-activiste Paul Daizy Biya . Une audience où les questions de méthode et de solidité des preuves avaient déjà été au cœur des débats.
La réponse négative du Lieutenant-Colonel Bialo ne signifie pas que le nom de Laurent Esso n'a jamais été évoqué dans le cadre de l'enquête. Elle indique simplement que, du point de vue du SCRJ, les investigations menées sous sa responsabilité n'ont pas conduit à retenir le ministre de la Justice comme une piste matérielle.
Le procès, qui se poursuit ce mardi 15 septembre 2026, doit encore entendre d'autres témoins. La question de l'identité des commanditaires, au-delà des exécutants déjà poursuivis, reste au cœur des attentes. Mais pour l'heure, la réponse du Lieutenant-Colonel Bialo a le mérite d'être claire : dans son enquête, le nom de Laurent Esso n'est pas apparu.