Le tandem Ousmane Sonko – Bassirou Diomaye Faye a volé en éclat depuis le 22 mai 2026. Il n’aura tenu que deux ans. Au bout d’une guerre de leadership sans merci entre un Premier ministre au tempérament plutôt volcanique, et un Président de la République tempéré, la rupture est désormais consommée entre ces deux amis. Ce divorce jette une lumière crue sur les réalités du pouvoir présidentialiste.
Arrivé au pouvoir par substitution, après que la candidature de Sonko a été retoquée, Bassirou Diomaye Faye a dû s’accommoder des sorties médiatiques d’un Premier ministre conforté par son écrasante majorité parlementaire. Il a longtemps agité le chiffon rouge d’une rupture au point de contraindre le chef de l’État à engager une série de consultations ayant finalement abouti à ce divorce tonitruant.
Les prochains jours seront particulièrement scrutés. Comme bien de pays francophones, le pouvoir au Sénégal est de type présidentialiste. La vague parlementariste sur laquelle surfe Ousmane Sonko pour mettre à l’étroit le chef de l’État a peu de chance de prospérer dans un contexte où le Prince par simple décret, peut faire et défaire les destins et même la loi fondamentale.
À trois ans de la fin de son mandat, Bassirou Diomaye Faye devra manœuvrer à défaut de jouer les équilibristes, afin d’éviter au Sénégal une guerre de chefs lourde de conséquences. Le Sénégal nous parle. Il révèle que la magistrature suprême n’est pas un fauteuil pour deux. Et que, à l’épreuve du pouvoir, les amitiés les plus fidèles se délitent très souvent sous les coups de boutoir des égaux exaltés. En contrôlant les rênes du Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), Sonko s’est cru calife à la place du calife.
C’était sans compter avec les terribles lois du landernau politique où la salve des courtisans, le devoir d’ingratitude qui conduit parfois un fils à commettre un parricide pour exister, engendrent cette cascade de chaussetrappes où tout se règle au couteau, et parfois dans le dos. À la faveur de la création d’un poste de vice-président, le Cameroun va-t-il à défaut de régler les incertitudes sur la transition, rebasculer dans une nouvelle dyarchie ? Les séquelles du divorce Ahidjo-Biya sont encore prégnantes.
Maniant à l’envi ces grenouillages élitaires, Paul Biya a commis un parricide pour conforter son pouvoir, et gouverner en écartelant les élites pour mieux les tenir. Un tel pouvoir sans partage peut-il au soir de sa vie, s’accommoder d’un vice-président qui oserait affirmer sa personnalité face au malaise généralisé ? Rien n’est moins sûr ! Quel que soit le profil de l’heureux élu, qu’il soit un faucon (conservateur pur et dur), ou un jeune loup avide d’instaurer une nouvelle dynamique face au marasme et à l’inertie tant décriés, les prochains jours annoncent du rififi.
Le grand âge du président a rogné visiblement ses talents de fin manœuvrier. Entre légitimistes et opportunistes, le Cameroun est englué dans une guerre de sous-chefs qui inhibe les énergies et annihile les initiatives. D’où ce climat de peur, cette image délétère d’une société bloquée.









