Infos Business of Wednesday, 7 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Dette publique : Le Cameroun doit distinguer autorisations, décaissements et remboursements

Le pays finance routes et corridors tout en remboursant des engagements anciens. Le risque vient moins d’un chiffre isolé que du coût, du calendrier et de la qualité des projets financés.

La dette publique camerounaise atteignait 15 607 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit 44,2 % du PIB, selon les données de la Caisse autonome d’amortissement reprises par Cameroon News Agency. Un an plus tôt, le stock s’établissait à 14 409 milliards.

Le suivi est complexe parce que trois chiffres coexistent : le plafond d’emprunt autorisé, les contrats signés et les montants réellement décaissés. En janvier, l’État a été autorisé à mobiliser jusqu’à 1 650 milliards de FCFA. À fin juin, 800,7 milliards avaient été levés sur le marché intérieur et environ 514 milliards de nouveaux engagements de projets avaient été contractés.

Au second semestre, deux financements importants ont été autorisés : environ 228 milliards pour le corridor Douala-Bangui et 139 milliards pour la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam. Autoriser ne signifie toutefois ni recevoir immédiatement les fonds, ni les dépenser.

Dans le même temps, le Cameroun a payé environ 1 059 milliards de service de la dette au premier semestre. Le FMI juge la dette soutenable à moyen terme, mais maintient un risque global élevé de surendettement et souligne les tensions de liquidité.

La transparence utile consisterait à publier, projet par projet, le montant signé, décaissé, engagé, le taux, l’échéance et l’avancement physique. C’est ce tableau qui permet de juger si la dette construit réellement les actifs promis.