La procédure paraît administrative : se présenter, produire ses pièces, être identifié. Mais derrière chaque badge vérifié se joue une question plus politique, celle de savoir qui a été payé, sur quelle base et sous quelle responsabilité.
Le secrétaire général de l’Assemblée nationale, André-Noël Essian, a annoncé un recensement physique du personnel du 10 au 23 septembre 2026. L’opération intervient après la diffusion d’un rapport attribué à un audit d’avril, selon lequel 150 personnes auraient figuré dans les effectifs sans exercer réellement leurs fonctions.
Les chiffres les plus sensibles — 97 personnes rattachées à l’ancien cabinet du président, 53 au secrétariat général, une perte proche de 10 milliards de FCFA et 315 radiations — proviennent de comptes rendus médiatiques. Ils ne doivent pas être présentés comme définitivement établis sans publication du rapport, réponse des responsables concernés et détail de la période auditée.
Le nouveau président de l’Assemblée, Théodore Datouo, élu le 17 mars 2026 après trente-quatre ans de présidence de Cavayé Yéguié Djibril, hérite ainsi d’un test de gestion. Un recensement peut nettoyer un fichier ; il ne suffit pas à empêcher le retour des doublons, des maintiens indus ou des recrutements sans poste budgétaire.
La réforme crédible commencerait après le comptage : rapprochement régulier entre ressources humaines et solde, traçabilité des actes, contrôles indépendants et publication d’un bilan agrégé. L’objectif n’est pas d’exposer des employés, mais de rendre chaque rémunération explicable et chaque responsabilité vérifiable.









