Actualités of Wednesday, 12 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Dernières minutes: avant Paul Biya, Issa Tchiroma Bakary annonce son retour imminent au Cameroun

Dans un communiqué diffusé par son équipe de communication, Issa Tchiroma Bakary, qui se présente comme « Président élu » depuis la présidentielle contestée du 12 octobre 2025, affirme que plusieurs dates de retour au Cameroun ayant circulé sur la toile ont été relayées « de façon délibérément hasardeuse voire malveillante ». Sans donner lui-même de calendrier précis, il assure que son retour est désormais une question de détermination renforcée, appelant les Camerounais « au pays et dans la Diaspora » à rester mobilisés et prêts à l'accueillir « de façon imminente ».



Ancien ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle devenu candidat de l'opposition, Issa Tchiroma Bakary avait fini officiellement deuxième de la présidentielle de 2025, avec 35,19 % des suffrages, derrière Paul Biya proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel le 27 octobre. Il conteste depuis ce résultat et revendique la victoire pour lui-même. Réfugié au Nigeria puis en Gambie où les autorités de Banjul ont confirmé sa présence, il a, depuis son exil, multiplié les prises de parole, allant jusqu'à s'adresser directement au chef d'état-major des armées camerounaises en juillet dernier pour revendiquer 72 % des suffrages, y compris au sein de l'armée.



Le communiqué évoque de « nombreuses concertations et consultations » en cours, tant au Cameroun qu'à l'international, portant sur « le dispositif pratique » de ce retour, sans toutefois lever le voile sur leur nature ou leurs interlocuteurs. Cette annonce n'est pas la première du genre : en janvier, Issa Tchiroma Bakary avait déjà promis à ses partisans qu'il serait « très bientôt parmi » eux ; en mai, il déclarait vouloir rentrer « quand les Camerounais seront prêts », sans détailler d'échéance. Le communiqué le plus récent reprend cette même rhétorique de l'imminence, tout en accusant certains relais d'avoir diffusé des dates « hasardeuses voire malveillantes » — sans toutefois préciser lesquelles, ni y opposer de date alternative vérifiable.



Le texte invoque également, pour justifier l'urgence de ce retour, « l'état de délitement des institutions » et le « vide créé au sommet de l'État » depuis le 12 octobre 2025, « faute de légitimité ». Une formulation qui reprend l'argumentaire constant d'Issa Tchiroma Bakary depuis la proclamation des résultats, à savoir la contestation de la légitimité du pouvoir en place, sans que cette lecture ne soit partagée par les institutions camerounaises officielles, qui considèrent Paul Biya régulièrement élu et en exercice.



En définitive, ce communiqué maintient la pression sur ses soutiens sans apporter d'élément factuel nouveau quant à la date ou aux modalités concrètes d'un retour au Cameroun. Il illustre la difficulté, pour l'opposant en exil, de transformer une rhétorique de mobilisation permanente en calendrier politique tangible, plus d'un an après un scrutin dont l'issue reste, à ce jour, une source de contestation persistante.