À chaque jour suffit sa peine. C'est désormais ce célèbre proverbe qui inspire la famille présidentielle et les proches collaborateurs de Paul Biya. Le dirigeant est gravement malade, subissant des opérations en Suisse qui n'améliorent tout de même pas son état de santé. Le vieux lion, comme on le surnomme, serait proche du 'départ', nous confie une source proche de l'homme et de sa femme.
L'état de santé du président, actuellement en séjour médical en Suisse, inquiète toujours. Il suscite une certaine émotion vive ajoutée aux interprétations mystiques à Yaoundé.
Selon N'zui Manto, le lanceur d'alerte qui a des tuyaux au sein du premier cercle présidentiel, le chef de l'État (93 ans) manifesterait actuellement de profonds signes de confusion cognitive. Par exemple, lors de l'un de ses derniers épisodes de délire, Paul Biya aurait expressément demandé à s'entretenir avec une personne précise.
Le seul problème, c'est que cette personne n'est plus en vie et l'annonce de sa mort a été faite à Paul Biya, lui-même lui rendant hommage avant de quitter le pays. La personnalité publique et politique est est née le 26 octobre 1934 à Bangangté et est morte le 11 avril 2026 à Yaoundé.
Vous l'avez sans doute facilement deviné, il s'agit de Marcel Niat Njifenji, l'ancien président du Sénat. Cette confusion, qualifiée de démence sénile par le corps médical, selon des sources officieuses, celles officielles préférant garder un silence tombal, prend une tout autre résonance en Afrique subsaharienne.
C'est vrai que dans la tradition africaine, ces égarements de fin de vie chez les personnes du troisième âge ne relèvent pas de la simple pathologie, mais d'un processus spirituel hautement symbolique selon les gardiens de cette tradition : celui du grand départ. Ils vous parleront d'un « dialogue avec les devanciers ».
Autrement dit, le fait qu'une personne très âgée appelle ou cherche à converser avec des défunts signifie que son âme a déjà franchi le seuil de l'invisible. Marcel Niat Njifenji, proche collaborateur politique de longue date de Paul Biya, est donc ici perçu comme un devancier direct venu guider les pas du président vers l'au-delà. L'esprit du patriarche commencerait alors son détachement du corps physique pour préparer son introduction dans le royaume des ancêtres.
C'est l'explication spirituelle qui peut être très loin de la réalité. Mais qu'on lise cet événement à travers le prisme de la gériatrie moderne ou des croyances ancestrales, le constat reste le même. À Genève, l'homme qui dirige le Cameroun depuis 1982 semble être entré dans la phase ultime de son voyage.









