Les statistiques décrivent l’ampleur. Les familles racontent le vide. Une veillée organisée par de jeunes féministes remet les parcours des victimes au centre du débat.
Pendant quelques heures, les chiffres ont laissé place aux prénoms. Le 29 août à Yaoundé, le Réseau des jeunes féministes d’Afrique centrale a organisé une veillée en hommage aux femmes et aux filles tuées. L’organisation dit avoir recensé plus de 300 cas en 3 ans.
Eve Solange Poro a raconté sa sœur Frida Ndomen Poro, infirmière, conseillère municipale et militante associative, tuée en avril 2025 à 46 ans. Elle a laissé 3 enfants. Julien Eyamo a parlé de sa fille Anaïs et du vide qui demeure dans la famille.
Ces récits changent la nature du débat. Un féminicide n’est pas seulement un acte de violence individuel. Il produit des orphelins, des dépenses judiciaires, des traumatismes durables et parfois une peur collective chez celles qui reconnaissent des signes similaires dans leur propre vie.
Le chiffre avancé par le Rejefemac doit être rapproché des données officielles lorsqu’elles seront consolidées. Les méthodes de comptage peuvent différer selon la définition retenue et l’accès aux dossiers. Cette prudence statistique ne diminue pas l’urgence. Elle souligne le besoin d’un système national de suivi transparent.
La veillée complète le débat sur une éventuelle réforme juridique, sans s’y substituer. Prévenir les morts suppose des dispositifs d’alerte, des policiers formés, des hébergements sûrs et une justice capable de réagir aux menaces répétées. Nommer les victimes est un acte de mémoire. Protéger les vivantes reste l’objectif.









