Actualités of Wednesday, 18 February 2026

Source: www.camerounweb.com

DERNIÈRE MINUTE : Maurice Kamto et le MRC trainés en justice

Le paysage politique camerounais est secoué par l'ouverture d'un nouveau front judiciaire opposant le Dr Okala Ebode, figure historique, membre fondateur et membre du Directoire du parti, au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). L'ancien membre fondateur, qui conteste son éviction jugée « abusive » en novembre dernier par Maurice Kamto, a officiellement saisi le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi, avec une première audience fixée au 26 février à 7 h 30. Le plaignant fonde sa défense sur l'inexistence juridique de l'article 36 des statuts du parti, cité pour justifier son exclusion. Pour mener cette bataille, le Dr Okala Ebode a porté son choix sur Maître Atangana, l'avocat d'ELECAM célèbre pour avoir obtenu la disqualification du Manidem lors du contentieux électoral de la dernière présidentielle.

En effet, le 6 février 2026, Joseph Thierry Okala Ebode a fait signifier par exploit d'huissier une assignation en nullité visant la décision n° 007/2025 rendue par le Comité National de Médiation et d'Arbitrage (CNMA). Cette décision, datée du 7 novembre 2025, prononçait son exclusion définitive pour des faits qualifiés de trahison. L'audience, fixée au 26 février 2026 devant la Chambre Civile du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi à Yaoundé, s'annonce comme un moment charnière pour la discipline interne et la légalité des procédures au sein de ce parti politique.

legende

L'affaire remonte au 6 octobre 2025, lorsqu'une plainte est déposée par Alain Fogue Tedom, alors en détention, accusant Okala Ebode de trahison. À la suite de cette dénonciation, le CNMA s'est saisi du dossier et a rendu son délibéré en un temps record. Le premier grief soulevé porte sur la violation des délais légaux de défense. Dans sa décision, le CNMA s’est appuyé sur un article 36 du Règlement de Procédure pour impartir un délai de seulement quatre jours à l'accusé pour répondre aux charges. Or, selon certains observateurs de la scène politique camerounaise, l'analyse des textes officiels du MRC montre que ce règlement ne contient que 31 articles au total. La défense dénonce une pure invention du Comité, alors que l'article 14, alinéa a, stipule expressément que tout mis en cause doit bénéficier de dix jours pour transmettre ses moyens de défense par écrit.

L'assignation souligne que Joseph Thierry Okala Ebode a été exclu sans jamais avoir été convoqué pour une audition en personne. Cette absence de confrontation directe est présentée comme une violation flagrante de l'article 13 du Règlement de Procédure, qui dispose que toute partie à une affaire soumise à un comité de médiation est tenue de comparaître en personne. Les conseils du requérant rappellent d'ailleurs que pour des cas similaires, comme celui de l'ancienne cadre Michèle Ndocki, une procédure d'audition contradictoire avait été scrupuleusement respectée avant toute décision. En statuant uniquement sur pièces, le CNMA aurait donc agi de manière discriminatoire et illégale. Un autre point de discorde majeur concerne la gestion temporelle de la notification. Selon l'article 25, alinéa f, du règlement du parti, une décision d'exclusion doit être validée par le Directoire, signée par le Président National, puis notifiée aux parties par le Secrétaire Général dans un délai strict de 15 jours suivant la validation. Dans le cas d'espèce, la décision a été validée le 18 novembre 2025. Elle aurait donc dû être notifiée au plus tard le 3 décembre 2025. Pourtant, Okala Ebode affirme n'avoir reçu notification que le 28 décembre 2025, soit 40 jours plus tard, et ce, par le biais d'un message sur l'application WhatsApp envoyé par le Secrétaire Général Adjoint en lieu et place du titulaire du poste.

Enfin, l'assignation s'attaque au fondement même de l'accusation : la notion de trahison. Il apparaît dans les documents que le CNMA a lui-même reconnu que l'article 82 du Règlement Intérieur du parti ne définit pas la faute disciplinaire de trahison. Pour pallier cette absence de base légale, le Comité a déclaré qu'il lui revenait de définir lui-même la faute, en s'appuyant sur une définition tirée du dictionnaire Le Petit Robert. La défense fustige cette approche, arguant que le rôle du CNMA est d'appliquer les sanctions prévues pour des fautes définies par les textes souverains du parti, et non de s'arroger un pouvoir législatif pour inventer des qualifications pénales ou disciplinaires. En agissant ainsi, le Comité aurait statué au-delà de ses compétences, une pratique juridique qualifiée d'extra. Il demande au tribunal de déclarer la décision d'exclusion nulle et de nul effet, d'ordonner la suspension de tous ses effets subséquents et de condamner le MRC aux dépens.

Cette affaire intervient après la libération de prison de 31 militants du MRC interpellés lors des manifestations politiques et poursuivis pour de graves accusations. Ils ont été accueillis ce mardi 17 février au siège du parti à Yaoundé par le président Maurice Kamto. Considérés comme des prisonniers politiques, ils ont retrouvé la liberté ce mardi selon des sources proches du parti. Pour célébrer cette remise en liberté, le président Maurice Kamto a organisé une réception en leur honneur. Dans sa prise de parole, l’opposant a salué le courage à ces militants et assuré que le combat pour la libération de tous les prisonniers politiques va se poursuivre. « Le combat n’est pas terminé, ce n’est qu’une question de temps », a déclaré le leader du MRC.

legende