Les spéculations vont bon train dans l’opinion depuis l’annonce, par le président Paul Biya lors de son discours à la nation à l’aube de la nouvelle année, de la composition dans les prochains jours d’une nouvelle équipe gouvernementale. Si du côté du parti au pouvoir, l’on assiste à une terrible guerre de clans, du côté des partis de l’opposition les leaders se bousculent pour renter au gouvernement. Parmi ces derniers figurent Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF) et Serge Espoir Matomba(PURS) dont la position, lors de la présidentielle du 12 octobre 2025, a été à l’avantage de Paul Biya face à Issa Tchiroma.
Selon nos confrères de Kongossa Magazine, à Yaoundé, les rumeurs d’un remaniement ministériel imminent agitent les cercles politiques en ce début janvier 2026. Les noms de Cabral Libii (PCRN), Joshua Osih (SDF) et Serge Espoir Matomba(PURS) circulent avec insistance comme potentiels entrants. Si cette ouverture se confirmait, elle s’inscrirait dans la longue tradition de Paul Biya de coopter des figures de l’opposition pour consolider son pouvoir, tout en affichant une image de pluralisme.
UN REMANIEMENT ATTENDU APRÈS LA RÉÉLECTION DE PAUL BIYA
Le Cameroun attend toujours la formation d’un nouveau gouvernement depuis la réélection de Paul Biya en octobre 2025. Dans son discours de vœux du 31 décembre 2025, le président a annoncé un remaniement imminent, visant à « transformer concrètement le niveau de vie des Camerounais ». Ce mouvement, décrit comme de grande ampleur, interviendrait après la promulgation de la loi de finances 2026 et les élections régionales.
Les spéculations portent sur une ouverture à l’opposition, une stratégie récurrente du chef de l’État pour neutraliser les contestations et recomposer le paysage politique.
LES PRÉCÉDENTS HISTORIQUES : UNE STRATÉGIE ÉPROUVÉE
Depuis les années 1990, Paul Biya intègre régulièrement des leaders opposants pour affaiblir leurs partis :
- Bello Bouba Maigari (UNDP) après les tensions post-électorales du Nord.
- Dakolé Daïssala (MDR), réduisant ainsi l’opposition radicale.
- Issa Tchiroma Bakary (FSNC) dans les années 2000, devenu un porte-voix du régime tout en conservant son étiquette d’opposant.
À chaque fois, cette cooptation divise les formations concernées et projette une façade de pluralisme à l’international
LA LOGIQUE DERRIÈRE CETTE OUVERTURE POTENTIELLE
Cette stratégie vise à :
- Affaiblir l’opposition en intégrant ses figures clés.
- Diviser les partis entre collaboration et contestation.
- Répondre aux attentes de changement tout en maintenant le contrôle.
Dans le contexte post-présidentiel 2025, marquée par des tensions, une telle recomposition pourrait apaiser les esprits et redessiner les alliances
LES ENJEUX POUR LES FIGURES CITÉES
- Cabral Libii (PCRN): Troisième à la présidentielle 2025 avec environ 3,4 % des voix, il incarne une opposition jeune et pragmatique. Son parti n’exclut plus une participation gouvernementale, vue comme une opportunité d’influencer les politiques. Cependant, Cabral Libii refuse historiquement les offres lucratives et maintient une ligne critique.
- Joshua Osih (SDF) : Héritier d’un parti historique affaibli, il symbolise une ouverture vers l’opposition anglophone. Une entrée au gouvernement marquerait une rupture avec la tradition de non-compromission du SDF.
- Serge Espoir Matomba (PURS) : Porteur d’une voix souverainiste et progressiste, il séduit une frange urbaine. Son intégration consacrerait son parti émergent, mais risquerait de diluer son image contestataire.
Si confirmée, cette nomination interrogerait la survie d’une opposition indépendante face à un pouvoir dominant.
RÉACTIONS INTERNES ET DIVISIONS ATTENDUES
Cette PCRN: Certains militants y verraient une trahison, d’autres une chance de peser sur les décisions nationales.
Au SDF : L’entrée d’Osih accentuerait les fractures entre ligne dure et pragmatisme, dans un parti déjà diPURS : Matomba arbitrerait entre influence sur les politiques sociales et perte de crédibilité oppositionnelle.
En définitive, ce remaniement pourrait transformer profondément l’opposition camerounaise, la poussant à redéfinir son rôle : participer au pouvoir ou persister dans la contestation pure. À ce jour, rien n’est officiel, mais les prochaines heures ou jours pourraient clarifier ces rumeurs persistantes.









