Actualités of Friday, 30 January 2026
Source: www.camerounweb.com
C’est la guerre totale entre Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la République, et Louis Paul Motaze, ministre des Finances. Les deux grands visages du régime de Biya se livre une bataille qui « risque de mettre le pays en feu », comme le détaille le lanceur d’alerte Paul Chouta.
La nuit des longs couteaux se poursuit. Le grand soir approche, inexorablement. Plus que jamais, les Camerounais doivent faire preuve d’une extrême vigilance, car une guerre silencieuse mais féroce se joue au cœur même du pouvoir. Une guerre dont l’enjeu n’est rien d’autre que l’après Biya, c’est-à-dire le contrôle de l’État une fois Paul Biya hors-jeu.
Deux clans s’affrontent frontalement : le clan Ngoh Ngoh et le clan Motaze. Le dernier théâtre de cette guerre est le port autonome de Douala, cœur économique et stratégique du pays. Depuis quelques jours, le pays assiste à un bras de fer spectaculaire autour du contrôle du scanning des marchandises, un marché extrêmement lucratif. D’un côté, la société SGS, en place depuis des décennies. De l’autre, Transatlantic D. SA que certains veulent imposer à marche forcée.
Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit nullement de défendre l’intérêt du Cameroun. Dans l'ombre d'un pouvoir vacillant, deux titans s'affrontent pour l’héritage du trône : le clan Ngoh Ngoh contre le clan Motaze. Ce n'est plus une simple rivalité politique, c'est une guerre de tranchées pour le contrôle de l'après Biya. Il s’agit d’un affrontement brutal entre deux clans rivaux.
Derrière SGS se cache le clan Louis Paul Motaze. Derrière Transatlantic D. SA se profile le clan Ferdinand Ngoh Ngoh. Voici le film de cette guerre interne que ces deux clans se livrent au port de Douala.
Le SGPR, Ferdinand Ngoh Ngoh, appuyé par son allié et ami Cyrus Ngo’o (DG du Port) veut imposer la nouvelle société Transatlantic D. SA pour évincer la SGS du contrôle des marchandises dans ce Port. Il faut préciser que Transatlantic D. SA contrôle déjà le port de Kribi.
Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, qui voit ses intérêts avec SGS, bloque net le processus pour asphyxier le clan de son adversaire Ngoh Ngoh. Le SGPR convoque une réunion d'urgence à la présidence et invite, le même jour, un représentant du Premier ministère.
Dans un coup de théâtre stupéfiant, le Général Amougou Emmanuel, proche de Ngoh Ngoh, écrit au ministre des Transports affirmant que Paul Biya donnerait un accord pour déguerpir SGS au profit de Transatlantic D. SA. Une signature contestée qui illustre la vacance de fait au sommet.
Le Premier ministre, Dion Ngute, allié du clan Motaze, entre dans l'arène et envoie le clan Ngoh Ngoh balader en arguant que le contrat de SGS ne peut être rompu par des gens qui ne l'ont pas signé.
Ngalle Bibehe (ministre des Transports) lâche Ngoh Ngoh pour rejoindre le clan Motaze, martelant que le contrat de la SGS court jusqu’en 2032.
Ne vous y trompez pas, ce n'est pas l'économie du pays qui les préoccupe. Celui qui contrôle le port contrôle les flux financiers, mais surtout les entrées d'armes. Dans la perspective d'une transition qui s'annonce musclée, le port est la clé de la survie ou de la conquête.
Pendant que ces deux clans aiguisent leurs lames, le spectacle est désolant. Le peuple zombifié, incapable de se défendre pour sa souveraineté et sa liberté, est plutôt préoccupé par les Ferrari jaunes et les distractions. Au lieu de s'investir dans la vie politique et citoyenne de son pays, confie son avenir au hasard. Il préfère remettre son destin entre les mains de l'alcool, du sexe, de l'aventure, des stupéfiants, des églises de réveil, etc.
Au sommet de cette pyramide de verre, le sénile et croulant Paul Biya, pris en otage par son épouse, Chantal Biya, contemple le désastre avec une froideur royale. Il n'est plus un chef d'État, il est le spectateur de son propre naufrage. Le drame n'est pas seulement que le vieil homme attend sa mise en bière ; c'est qu'il a sciemment laissé les clés de l'armurerie à ses créatures qui se haïssent.
Le lion s'apprête à fermer les yeux, mais, par méchanceté, il s'est assuré de laisser derrière lui une poudrière, une mèche courte et un pays prêt à s'égorger sur sa propre tombe.