Actualités of Tuesday, 27 January 2026

Source: L’Indépendant n°996

Désordres constatés à la CAN : la CAF prend cher

Le 18 janvier 2026, le Sénégal a remporté sa deuxième Can. Et pour une fois, l’Afrique a respiré à pleins poumons. Parce que cette victoire n’est pas seulement sportive : elle est presque thérapeutique. Depuis le début de cette CAN, l’arbitrage a joué à cache-cache avec sa conscience. Contre la Tanzanie, un penalty clair comme l’eau de roche, avalé par le sifflet. Face au Cameroun, même film, mais avec un peu plus de bruit et beaucoup plus de colère.

Contre le Nigeria, encore ce parfum d’exception marocaine qui flotte au-dessus de la pelouse, comme si certaines équipes jouaient avec un bonus invisible. À force, ce n’était plus du favoritisme présumé. C’était une habitude. Et une habitude, en politique comme en football, finit toujours par ressembler à un système. Dimanche dernier, en finale, le théâtre a failli devenir une farce tragique.

Un but sénégalais refusé pour une faute que même le ralenti cherchait encore. Puis, à la dernière minute, ce penalty sifflé contre le Sénégal, le coup de sifflet de trop. Celui qui ne sanctionne pas une faute, mais une patience arrivée à expiration. À ce moment précis, le football africain a retenu son souffle. Le coach sénégalais a demandé à ses joueurs de sortir du stade. Geste fou ? À voir.

« Donnez la coupe au Maroc si tout est déjà décidé ». Cette phrase n’était pas une provocation. C’était un diagnostic. Quinze minutes de flottement. Quinze minutes où la Caf a vu passer le fantôme de sa crédibilité. Et puis Sadio Mané, conseillé par Claude Le Roy, le vieux sage que le football écoute quand il ne veut plus entendre personne, ramène ses coéquipiers. Le penalty est tiré. Officiellement, Mendy l’arrête. Officieusement, beaucoup y ont vu un raté presque pédagogique. Un penalty pour calmer la polémique, sans offrir la victoire. Une sortie de crise à l’africaine : on sauve la face, on cache la plaie, on continue.

Prolongation. But du Sénégal. Victoire 1- 0. Et soudain, tout le continent se redresse sur sa chaise. Parce que ce trophée-là n’a pas seulement battu le Maroc. Il a battu un soupçon. Il a battu un malaise. Il a battu une impression tenace que certains matchs se jouaient à géométrie variable. Le Camerounais Samuel Eto’o l’avait dit. On l’a sanctionné.

Dimanche, le terrain lui a rendu raison, comme souvent. Dans le football africain, dire la vérité trop tôt est une faute plus grave que de mal arbitrer. La Caf est aujourd’hui face à son miroir. Et le reflet n’est pas flatteur. Trop de décisions troubles. Trop de silences complices. Trop d’arbitres livrés à des pressions que tout le monde devine et que personne n’écrit noir sur blanc. Quant à Motsepe, l’homme est contesté.

La réforme de la CAN tous les quatre ans est vécue comme un éloignement du peuple du football. Et quand la gouvernance s’éloigne, les soupçons s’installent. La Confédération africaine de football a décidé de suspendre le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, à la suite des événements survenus lors de la finale face au Maroc. La décision fait suite à l’interruption volontaire du match pendant plusieurs minutes, en réaction à un penalty accordé à l’équipe marocaine.

Selon les éléments communiqués, la décision arbitrale avait pourtant été confirmée après recours à l’assistance vidéo (Var). Le geste du sélectionneur sénégalais, jugé contraire aux règlements encadrant la conduite des officiels durant une rencontre, a conduit la CAF à agir sans délai. Cet incident, survenu au moment le plus suivi de la compétition, a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion sportive africaine.

Pour l’instance continentale, il s’agissait de préserver l’autorité de l’arbitrage et le bon déroulement des compétitions officielles. Dans un tournoi marqué par une forte exposition médiatique, la Caf entend rappeler que le respect des règles et des décisions arbitrales demeure non négociable, quel que soit l’enjeu ou le statut des acteurs concernés.