Actualités of Wednesday, 7 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Départ de Paul Biya et alternance : une très mauvaise nnouvelle tombe pour les Camerounais

« La transition constitutionnelle envisagée ne trouve son fondement que dans la reconnaissance de la vérité des urnes du 12 octobre 2025, qui consacre inéluctablement la victoire d'Issa Tchiroma Bakary. » Dans une contribution au débat sur la transition proposée par une partie de la société civile camerounaise, Me Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du parti HÉRITAGE, répond à Marie-Roger Biloa, Achille Mbembe, Akere Muna et consorts. Il conteste la base juridique d'une transition conduite par le président du Sénat, dénonce son absence d'ancrage populaire et affirme que la seule transition constitutionnelle efficace est celle portée par Issa Tchiroma, vainqueur selon lui de la présidentielle de 2025. Un réquisitoire qui tranche avec les propositions de la société civile et pose une question centrale : qui a réellement gagné l'élection du 12 octobre 2025 ?





Me Christian NTIMBANE CONTRE ACHILLE MBEMBE ET CIE
ALTERNANCE AU CAMEROUN :
MA CONTRIBUTION AU DÉBAT SUR LA TRANSITION CONSTITUTIONNELLE PROPOSÉE PAR LA SOCIÉTÉ CIVILE CAMEROUNAISE
J'ai lu avec un grand intérêt la tribune de plusieurs acteurs de la société civile camerounaise, dont la journaliste Marie-Roger Biloa, l'écrivain et universitaire Achille Mbembe, le bâtonnier Akere Muna, l'économiste Eugène Nyambal, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo, ainsi que les journalistes Éric Chinje et Mimi Mefo...
Leur proposition, certes pertinente et courageuse au vu de la situation de blocage de la vie politique au Cameroun, mérite néanmoins quelques observations.
1. Sur leur proposition phare d'une transition constitutionnelle qui serait conduite par le Président du Sénat
Elle manque d'une base juridique solide.
En effet, d'après la Constitution camerounaise, le Président du Sénat assure uniquement un intérim aux pouvoirs limités et encadrés (notamment l'impossibilité de nommer un gouvernement), le temps d'organiser une nouvelle élection.
On ne saurait donc parler d'une transition constitutionnelle dans ce cas, celle-ci supposant la désignation d'un président de la République chargé de conduire la transition sur un délai plus long et avec de réels pouvoirs présidentiels.
2. Sur le manque d'ancrage populaire d'une transition créée ex nihilo
La proposition d'une transition dite constitutionnelle par l'équipe de Marie-Roger Biloa pèche par son manque d'ancrage populaire.
Elle ne démontre pas sa légitimité auprès des populations et manque totalement de leviers pour sa mise en œuvre.
En quelque sorte, elle ne précise pas comment elle procédera pour amener le peuple camerounais à y adhérer.
3- La seule transition constitutionnelle efficace et rapidement réalisable est celle avec Issa Tchiroma
Elle repose sur un diptyque : la souveraineté populaire et le respect de la Constitution.
-S'agissant de la transition par la souveraineté du peuple camerounais : C'est la mise en place d'une transition avec le peuple camerounais et décidée par lui.
Elle a déjà été acceptée par ce peuple lors du vote du 12 octobre 2025, lorsqu'il a adhéré en votant massivement pour le plan de transition de 3 à 5 ans de l'Union pour le Changement de l'équipe du Président Anicet Ekane, défendu par le candidat Issa Tchiroma.
- S'agissant du caractère constitutionnel de la transition de l'Union pour le Changement avec Issa Tchiroma : La Constitution camerounaise prévoit qu'est déclaré président de la République le candidat ayant obtenu la majorité des voix.
C'est une disposition impérative de la démocratie camerounaise consacrée par la Constitution. Dès lors, aucune remise en cause du choix du peuple n'est possible, y compris par le Conseil constitutionnel, auquel les dispositions du Code électoral confèrent le pouvoir de « proclamer » les résultats sortis des urnes, et non de statuer de manière discrétionnaire sur ces derniers.
En d'autres termes, tant la loi électorale que la Constitution ne donnent aucun pouvoir au Conseil constitutionnel pour décider, par une sorte d'indiscutable imperium, du nom du vainqueur de l'élection présidentielle.
Le Conseil constitutionnel est simplement le lecteur des résultats d'un jury appelé « peuple camerounais ». À cet effet, toute proclamation de résultats de l'élection présidentielle non conforme au vote du peuple est sans effet juridique.
Car faut-il le rappeler : quand le Conseil constitutionnel proclame les résultats, c'est un abus de droit que de considérer cette proclamation comme une décision souveraine et sans recours.
La proclamation des résultats est simplement un acte de solennisation des résultats de l'élection présidentielle et non une décision juridictionnelle d'attribution.
À cet effet, lorsque les résultats proclamés sont contraires à ceux décidés par le peuple, ces résultats sont faux et dénués de valeur juridique. Il existe en effet un principe de droit selon lequel « la fraude corrompt tout », et un autre rappelant que l'illégalité ne crée pas le droit.
En conclusion, la transition constitutionnelle envisagée ne trouve son fondement que dans la reconnaissance de la vérité des urnes du 12 octobre 2025, qui consacre inéluctablement la victoire de M. Issa Tchiroma Bakary.
C'est celle-là que les démocrates camerounais devraient exiger pour plus d'efficacité, par respect pour notre Constitution et pour la souveraineté du peuple.
À moins que le Président Issa Tchiroma ne vienne à s'en récuser volontairement ; dans ce cas, il y aurait lieu de réfléchir plutôt à une transition purement politique, et non plus constitutionnelle, faute d'ancrage juridique, qui se déciderait alors dans le cadre d'une conférence nationale souveraine.
Par Christian Ntimbane Bomo
Président Exécutif du Parti HÉRITAGE