Le Social Democratic Front (SDF), parti historique de l'opposition camerounaise, traverse une zone de turbulences. Deux cadres du parti ont publiquement réclamé la démission de Joshua Osih, président national, dans une motion rendue publique le 26 janvier dernier. Cette sortie fracassante relance les interrogations sur l'avenir de la formation politique.
C'est par une motion datée du 26 janvier 2026 que Tchikanda et Stéphane Rivel Nguemalieu, deux cadres du SDF, ont décidé de porter leurs griefs sur la place publique. Dans ce document, les deux militants ne mâchent pas leurs mots et exigent ni plus ni moins que la démission de Joshua Osih de la présidence du parti.
Cette démarche, rare dans un parti réputé pour sa discipline interne, témoigne de l'ampleur du malaise qui gangrène actuellement le SDF. Elle intervient dans un contexte où l'opposition camerounaise peine à se renouveler et à peser face au pouvoir en place.
Les signataires de la motion articulent leurs critiques autour de plusieurs axes. Au cœur de leurs reproches figurent les mauvais résultats électoraux enregistrés par le SDF ces dernières années. Le parti, qui fut longtemps le principal challenger du RDPC au pouvoir, semble avoir perdu de sa superbe et de son influence sur l'échiquier politique national.
Au-delà des résultats, c'est la gestion même du parti qui est mise en cause. Tchikanda et Stéphane Rivel Nguemalieu dénoncent une gouvernance qu'ils qualifient d'opaque, suggérant un manque de transparence dans la prise de décisions et la gestion des ressources du parti.
La motion pointe également du doigt plusieurs manquements lors de la dernière campagne présidentielle d'octobre 2023. Selon les deux cadres, le SDF aurait été aux abonnés absents sur des sujets cruciaux, notamment les questions liées aux libertés publiques.
Cette critique est d'autant plus sévère que le SDF s'est historiquement positionné comme le défenseur des libertés démocratiques au Cameroun. Son silence ou sa timidité sur ces questions fondamentales serait donc perçu comme un reniement de ses valeurs fondatrices.
Les signataires évoquent également d'autres "défaillances" sans toutefois en préciser la nature exacte dans les informations disponibles. Il pourrait s'agir de problèmes d'organisation, de communication, de mobilisation ou de stratégie politique.
Joshua Osih, qui préside le SDF depuis 2019, se retrouve ainsi sous le feu des critiques. Élu après le retrait progressif de la scène politique de John Fru Ndi, figure historique et fondateur du parti, Osih avait pour mission de moderniser la formation et de lui redonner son lustre d'antan.
Force est de constater que le bilan est jugé décevant par une partie des militants. Les performances électorales médiocres et l'effacement progressif du SDF dans le débat public semblent avoir exacerbé les tensions internes.
Jusqu'à présent, Joshua Osih n'a pas publiquement réagi à cette motion. La direction nationale du parti garde également le silence, ce qui ne fait qu'alimenter les spéculations sur l'état réel de la crise.
Cette crise interne intervient à un moment crucial pour l'opposition camerounaise. Le SDF, né en 1990 dans le sillage de la démocratisation du pays, a longtemps incarné l'espoir d'une alternance politique. Bastion de l'opposition dans les régions anglophones, le parti a progressivement étendu son influence à l'ensemble du territoire national.
Toutefois, depuis plusieurs années, le SDF semble en perte de vitesse. Les divisions internes, le vieillissement de sa base militante, l'émergence de nouvelles formations politiques et les difficultés à se renouveler ont fragilisé la formation.
La question qui se pose désormais est celle de l'avenir du parti. Cette motion pour la démission de Joshua Osih est-elle l'expression d'une minorité contestataire ou révèle-t-elle un malaise plus profond partagé par une large partie des cadres et militants ?









