Actualités of Monday, 5 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Démission du gouvernement: coup de tonnerre venant de Louis-Paul Motaze

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Rattrapé par quinze ans de gestion des finances publiques, le ministre Louis Paul Motaze serait-il sur le point de jeter l'éponge ? Selon une analyse d'Albin Michel Njilo, le ministre des Finances se retrouve dans une impasse : il ne semble voir l'avenir qu'à travers le FMI, qui exige désormais que le Cameroun ramène son déficit budgétaire à 1,7 % du PIB pour bénéficier de nouveaux financements. Un objectif difficile à atteindre en raison notamment du poids des subventions aux produits pétroliers. C'est sous sa gestion que certaines lignes budgétaires, notamment les lignes 65 et 94, ont été au cœur de controverses ayant fait perdre plusieurs centaines de milliards de FCFA au Trésor public. L'impasse est totale, et le remaniement ministériel, toujours attendu, pourrait bien être la seule porte de sortie.





Le Cameroun dans l’impasse : le ministre des Finances va-t-il jeter l’éponge ?
S’il y a un ministre qui doit souhaiter le remaniement ministériel au Cameroun, c’est bel et bien celui des Finances, rattrapé par les effets de 15 ans de gestion des finances publiques.

Logisticien de formation, c’est ce ministre qui détient une grande partie des leviers de la politique économique du pays. Du lancement du projet PNDIS jusqu’au DSCE, il a piloté plusieurs projets structurants et accompagné les politiques d’endettement du Cameroun.

Coup de tonnerre

Louis Paul Motaze est désormais dans l’impasse. Il ne semble voir l’avenir, ni la sortie du marasme économique dans lequel le pays s’est enfoncé, qu’à travers le FMI.

Au terme d’une nouvelle mission visant notamment à préparer les prochains accords de financement, l’institution est désormais claire : le Cameroun doit ramener son déficit budgétaire à 1,7 % du PIB s’il veut bénéficier de nouveaux financements destinés à soutenir l’équilibre de son budget.
Malheureusement pour le Cameroun, cet objectif risque d’être difficile à atteindre, notamment en raison du poids des subventions aux produits pétroliers.

La responsabilité du FMI

Pour la première fois depuis le retour au Cameroun au FMI , l'institution a évoqué le terme détérioration modérée pour qualifier l'economie du pays.
Depuis 2017, le FMI n’a cessé de présenter des appréciations relativement favorables sur les résultats économiques du pays. Au fil de ses nombreuses missions, l’institution a régulièrement salué les efforts du gouvernement.
Le FMI le dit depuis 2018, mais signe parallèlement, tous les trois ans, de nouveaux programmes assortis de financements avec le Cameroun.
Pire encore, le pays semble progressivement s’enfoncer dans une situation qui pourrait conduire à de nouvelles mesures d’ajustement structurel.
Au terme de la dernière mission, clôturée le 30 septembre, une question mérite d’être posée : quelles mesures le FMI préconise-t-il face aux subventions accordées aux entreprises publiques, qui continuent de peser lourdement sur le budget de l’État ?
Que dit également le FMI face au non-respect de certaines recommandations formulées en 2007, lors de la sortie du point d’achèvement, notamment celles qui demandaient au gouvernement de se désengager progressivement du secteur productif ?

Vers un ajustement contraignant ?

Le Cameroun semble se diriger tout droit vers une nouvelle phase d’ajustement sous la pression du FMI.

Une véritable patate chaude entre les mains du ministre des Finances, qui semble désormais avoir bien du mal à trouver une issue à cette situation.
Rappelons que c’est sous la gestion de Louis Paul Motaze que certaines lignes budgétaires, notamment les lignes 65 et 94, ont été au cœur de controverses ayant fait perdre plusieurs centaines de milliards de FCFA au Trésor public.
Albin Michel Njilo