Actualités of Monday, 25 May 2026

Source: www.camerounweb.com

'Dégagez maintenant' : 3 leçons que Samuel Eto'o doit apprendre devant les journalistes

Samuel Eto’o a presque renvoyé les journalistes le 20 mai dernier, lors du défilé de la fête de l’unité. Il n’était pas content qu’ils débarquent et lui tendent son micro, sans l’avoir averti en amont. « Allez, dégagez maintenant », leur a-t-il dit.

L’auteur Jean Ediegnie a suivi la scène avec beaucoup d’attention. Il rappelle trois petites choses au concerné après cet incident.

Mercredi dernier, à l’occasion de la célébration du 20 mai au Boulevard du même nom, une courte séquence impliquant Samuel Eto’o Fils est devenue virale sur les réseaux sociaux.

Approché par des journalistes venus solliciter une réaction, le président de la Fecafoot, visiblement agacé, a lancé : « Vous me tendez directement le micro sans demander si je veux parler (…) Dégagez maintenant ».

Depuis, le débat divise. Certains défendent Eto’o, d’autres dénoncent une attitude excessive, pendant que plusieurs journalistes parlent d’un manque de respect envers la profession.

Personnellement, je pense qu’il faut sortir des émotions et regarder cette affaire avec lucidité. Car derrière cette séquence, il y a trois réalités importantes.

La première, une personnalité publique ne peut pas totalement échapper aux médias. Samuel Eto’o n’est plus seulement un ancien footballeur. Aujourd’hui, il est président de la Fecafoot, personnalité publique majeure et figure institutionnelle du Cameroun.

À ce niveau, les médias feront toujours partie du décor. Dans tous les grands pays, les journalistes tendent les micros, approchent les personnalités et tentent des interviews sans rendez-vous préalable. Le journaliste propose. La personnalité accepte ou refuse. Mais la présence médiatique fait désormais partie du leadership moderne.

Deuxièmement, le refus est un droit, mais la manière compte aussi. Sur le fond, Samuel Eto’o avait parfaitement le droit de ne pas parler. Et honnêtement, certaines pratiques médiatiques au Cameroun deviennent parfois agressives : caméras imposées brutalement, recherche du buzz, confusion entre information et provocation. Mais dans les grandes fonctions, la maîtrise émotionnelle devient aussi un outil de pouvoir. Car entre « je ne souhaite pas répondre aujourd’hui » et « dégagez maintenant », l’impact sur l’image publique n’est pas le même. Et à ce niveau de responsabilité, chaque mot devient un symbole.

Premièrement, Samuel Eto’o doit protéger son image, même face à ses adversaires. C’est probablement le point le plus important. Aujourd’hui, Samuel Eto’o est observé en permanence : par ses soutiens, par ses adversaires, par les médias et par l’opinion internationale. Le moindre geste, la moindre phrase, la moindre colère devient immédiatement virale. Et parfois, certaines personnes attendent précisément : ce moment de tension pour attaquer son image.

C’est pourquoi les très grands leaders apprennent souvent une chose : ne jamais offrir gratuitement des armes à leurs opposants.