Plaidoyer de l’ancien président de comité de base d’Etoug Ebé I - ancien président de la 13e sous-section du Mfoundi 6, ancien vice - président de la section du Mfoundi 6 – au Président national du Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (Rdpc) sur l’investiture des candidats de sa formation politique aux prochaines législatives et municipales afin de l’aider à prendre la bonne décision.
Monsieur le président national, Le 12 octobre 2025 lors de la tenue de l’élection présidentielle dans notre pays, le peuple souverain a choisi de vous renouveler sa confiance. L’immense majorité des électeurs abusés et frustrés par la plupart de vos collaborateurs, vous ont envoyé un message fort à travers les urnes : le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc) doit impérativement s’adapter à l’évolution du temps. Les violences électorales ont atteint leur paroxysme.
Notre formation politique est devenue de plus en plus autoritaire, refusant de prendre en compte la volonté et les desideratas de l’immense majorité des militants et sympathisants qui œuvrent pourtant, pour des victoires politiques qui profitent malheureusement à une clique de personnes qui ont fait du parti que vous avez créé, leur instrument de manipulation et de domination. Lors de la session de plein droit du conseil régional du Sud le 17 décembre 2025 à Ebolawa, certains camarades du parti plutôt téméraires ont désavoué sans équivoque quelques-uns de vos émissaires porteurs d’un « pli fermé ». Le souvenir de cette situation me hante, mais m’enseigne une vérité, quand le citoyen oublie son rôle, la démocratie s’écroule.
Aujourd’hui, moi bon citoyen, je refuse que l’histoire se répète. Je choisis le civisme électoral, car la démocratie est avant tout la fille du civisme. Monsieur le président national, en cette année 2026, le peuple camerounais sera à nouveau appelé à choisir ses conseillers municipaux et ses députés. Dans ce double scrutin législatif et municipal hautement stratégique, les militants et militantes du Rdpc rêvent d’un minimum de démocratie en interne.
Monsieur le président national, permettez qu’il soit organisé des élections primaires au sein des différentes sections départementales du pays pour donner la chance à tous ceux qui aspirent à ces fonctions électives d’être effectivement l’émanation de la base militante qui est le socle de notre parti. Ces dernières années, la politique des investitures a tué la compétition et la saine émulation dans le Rdpc.
Le plus souvent, ces investitures ont profité essentiellement aux militants nantis et à ceux cooptés par un comité central totalement en déphasage avec les réalités de terrain. Car les refuser reviendrait à nuire au lien social et, par conséquent, à la justice sociale.
Solidarité sans compromis. Certes, l’article 8.1 des textes de base du parti stipule que « toute personne qui accepte les statuts, le règlement intérieur, le programme et la discipline... » est considérée comme militant mais, il est important et salvateur que ceux qui gèrent le parti au quotidien, arriment celui-ci à la modernité et à la démocratie.
Cet ethos recommande de lutter contre les inégalités pour réduire le plus possible « les rapports de pouvoir arbitraires entre nous ». Aussi, dans une véritable démocratie, « la solidarité implique que chacun d’entre nous comprend que ses propres libertés et celles des autres demandent un effort collectif, parce que nous jugeons que toute personne mérite une égale considération et que sans respect égal, les sociétés sont défaillantes, ou très fragiles ».
Le Rdpc doit rester et demeurer un parti de masse et non un parti d’élites ou d’état-major. Si ce plaidoyer est pris en compte, le Rdpc saura tirer son épingle du jeu lors du double scrutin municipal et législatif attendu dans les prochains mois. Il faut donner la chance à la base militante de choisir ses élus locaux. Il y va de la survie de notre parti. Salutations militantes.
Source : L'Indépendant n°993 du 19 janvier 2026









