Actualités of Wednesday, 20 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Décès : la décision inacceptable de Paul Biya sur la dépouille de Cavayé Yéguié

Aussi longtemps que volera un oiseau, il finira par tomber. Cavayé Yéguié Djibril a rendu l’âme et sont venus le moment de ses obsèques. Paul Biya a décrété un deuil national et décidé qu’un hommage en bonne et due forme soit rendu à l’illustre disparu. Ce n’est pas comme Mamadou Mota, vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), l’aurait voulu. L’originaire de Tokombéré publie une opinion et dénonce.

L’ultime outrage à la mémoire de Tokombéré. Quel malheur a donc frappé notre terre pour que l’on ose ainsi piétiner nos ancêtres ? C’est avec une douleur indicible, teintée d’une profonde révolte, que le peuple de Tokombéré reçoit la nouvelle de cette parodie d'hommage.

Comment un homme qui a porté l’Assemblée nationale du Cameroun sur ses épaules pendant plus d'un demi-siècle, un patriarche, et par-dessus tout le chef traditionnel d'un grand canton de Tokombéré, peut-il voir sa dépouille ainsi brinquebalée et exilée à Mora pour ses obsèques officielles ?


C’est une insulte d’une violence inouïe. Une profanation de sa mémoire. Un mépris souverain et intolérable craché au visage du peuple de Tokombéré. Nos coutumes ne sont pas des décrets que l'on modifie d’un trait de plume depuis les bureaux feutrés de Yaoundé.

Chez nous, la tradition est sacrée, elle est dictée par le sang et la terre : un chef ne meurt pas en exil. Un chef traditionnel est indissociable de son terroir, de son trône et de ses sujets. Les ancêtres réclament leur fils. Organiser le deuil d'un chef en dehors de son territoire traditionnel est une hérésie qui attire la malédiction.


Le constat est sans appel. En choisissant Mora au détriment de Tokombéré, les organisateurs coupent le cordon sacré qui reliait le patriarche à sa terre natale. Comment pourrions-nous, dignes fils et filles de Tokombéré, nous rendre complices d'une telle profanation en allant assister à cette mascarade hors de nos frontières coutumières ? C’est impossible. Nos lois ancestrales nous l’interdisent.


Quel terrible paradoxe, quel insondable malheur ! Cavayé Yéguié Djibril a servi l’État au plus haut niveau pendant plus de 50 ans. Et pour quel résultat aujourd’hui ? Être privé, à l’heure de son grand voyage, des honneurs légitimes que sa propre communauté devait lui rendre sur ses propres terres.


Nous, peuple de Tokombéré, prenons l'opinion publique à témoin. Nous exigeons le deuil à Tokombéré. Nous ne participerons pas à ce deuil délocalisé qui vide l'hommage de toute sa substance spirituelle et traditionnelle. Nous pleurerons notre Chef chez lui. C'est à Tokombéré, et nulle part ailleurs, que bat le cœur de sa chefferie.

Malheur à ceux qui pensent que la politique peut tout régenter, jusqu'au repos éternel de nos rois. Que les autorités mesurent la gravité de cet affront, car en insultant Tokombéré, c'est toute une culture et une identité qu'elles tentent d'effacer. Bonne fête de l'unité.


En l'état, la famille nucléaire et politique de Yéguié est perdue, en colère et insatisfaite. Paul Biya a la balle dans son camp.