Actualités of Tuesday, 13 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Décès de Paul Biya « L'alternance par les urnes est impossible, il y aura l'alternance par la mort» : l'abbé Bakaba scandalise

L'abbé Étienne Bakaba a secoué le paysage politique et religieux camerounais ce dimanche 11 octobre 2026. Lors de son homélie à la paroisse Saint-Paul-VI de Bonamoutongo, à Douala, le prélat a fustigé la confiscation du pouvoir et l'impossibilité d'une transition démocratique par les urnes, brisant un immense tabou.

C'est une sortie qui ne passe pas inaperçue. Ce dimanche 11 octobre 2026, l'abbé Étienne Bakaba, curé de l'archidiocèse de Douala, a prononcé une homélie d'une rare virulence devant les fidèles de la paroisse Saint-Paul-VI de Bonamoutongo. Ses propos, relayés en masse sur les réseaux sociaux, ciblent directement le sommet de l'État.


« Puisque l'alternance par les urnes est impossible, il y aura l'alternance par la mort. Politiques, vous n'avez plus de force. Vous êtes malades. Vous restez là pour mourir, pour qu'on reste pleurer quoi ? Irrecevable ! » a lancé l'abbé Bakaba du haut de la chaire. Des paroles qui verbalisent sans fard la frustration d'une partie de la population face au vieillissement de la classe dirigeante et à l'absence de perspective de renouveau politique.

« Le Mannequin de Jésus »

Ce coup d'éclat n'est pas une première pour celui que l'on surnomme le « Mannequin de Jésus ». Journaliste et musicien à ses heures, l'abbé Bakaba s'était déjà illustré en adressant une lettre ouverte au président Paul Biya pour lui demander de ne pas se représenter. Une prise de position qui avait déjà fait de lui une figure de la contestation au sein de l'Église camerounaise.



Cette nouvelle sortie intervient dans un climat ecclésial tendu. Alors que des rumeurs persistantes sur les réseaux sociaux évoquaient des demandes de sanctions disciplinaires imminentes de la part de l'archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, ce dernier a publié un communiqué formel pour démentir toute démarche en ce sens.

Reste que le sermon de Douala illustre de manière spectaculaire la fracture grandissante entre une base cléricale connectée aux aspirations populaires et une hiérarchie soucieuse de préserver l'équilibre politique du pays. Une fracture qui, si elle se confirme, pourrait avoir des conséquences bien au-delà des murs de l'Église.