Actualités of Sunday, 1 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Décès : comment Arnaud Nguefack est entré à Canal 2

Un hommage est rendu à Arnaud Nguefack. Il vient du Prof. Vincent Sosthène Fouda. Le journaliste décédé a de plusieurs personnes qui le tenaient en estime.

La nouvelle du décès d’Arnaud Nguefack s’est levée comme une ombre sur ce matin, rappelant à chacun la fragilité de nos pas et la brutalité des départs précoces. Arnaud n’était pas seulement un journaliste prometteur : il était une voix en devenir, un homme en construction, un cœur fidèle. Je l’avais rencontré grâce à Dimitri Amba, alors qu’ils officiaient ensemble dans la même radio. Très vite, j’avais perçu en lui cette flamme rare : la volonté de se hisser au niveau des meilleurs, non par vanité, mais par respect pour le métier.

Lorsque David Atemkem quitta Canal 2 pour l’Union européenne, Arnaud devint pigiste. Il travaillait avec une discipline presque ascétique, sculptant sa diction, écoutant les maîtres, reprenant chaque intonation, chaque souffle. Il voulait être digne de ce métier où, trop souvent, les plus talentueux restent au bord du chemin. J’ai défendu son dossier auprès du directeur général de Canal 2, convaincu que cette chaîne gagnerait à accueillir un tel travailleur, un tel esprit. Il n’a jamais trahi cette confiance.

Sur le plan humain, Arnaud était un homme attachant, loyal, profondément ancré dans les siens. Un époux présent, un père attentif, un ami fidèle. Ceux qui l’ont côtoyé savent combien sa présence était douce, combien sa parole était juste, combien son rire savait dissiper les lourdeurs du quotidien. Sa disparition plonge la jeune garde du journalisme camerounais dans l’effroi, ses amis dans le silence, et sa famille dans une tristesse que rien ne peut encore apaiser.

Le journalisme perd en lui un artisan de vérité. L’amitié perd un homme de constance. La vie perd une lumière discrète mais essentielle (…).

Arnaud Nguefack restera dans la nôtre comme un homme debout, un professionnel exigeant, un ami vrai. Que son passage parmi nous continue d’inspirer ceux qui, comme lui, croient encore que la vérité mérite qu’on lui consacre une vie entière.