Politique of Thursday, 16 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Crise au MRC : Et si les dissidents créaient enfin leur propre parti ?

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La stratégie des anciens cadres du MRC qui contestent publiquement la direction et le fonctionnement du parti ont appalés à créer leur formation politique. S'ils estiment le MRC illégitime ou irréformable, la démarche la plus cohérente serait de créer une nouvelle formation politique afin de proposer leur propre vision de la démocratie interne et de la gouvernance.

L'actualité interne du MRC continue d'alimenter les débats. Entre exclusions, procédures disciplinaires, ruptures publiques et contestations de la direction actuelle, une interrogation mérite d'être posée, sans passion mais avec méthode.

Depuis plusieurs mois, plusieurs figures ayant autrefois occupé une place importante au sein du parti dénoncent publiquement son fonctionnement. Parmi les noms les plus souvent cités figurent notamment Okala Ebode, Salomon Beas, Armand Noutack II, Willy Mengue, auxquels d'autres militants viennent régulièrement s'ajouter selon l'évolution de l'actualité.

Leurs critiques sont connues : légitimité de la direction, démocratie interne, interprétation des textes, fonctionnement des instances ou encore gouvernance du parti.

Libre à chacun de partager ou non ces analyses.

Mais une question demeure.

Pourquoi vouloir absolument rester dans une maison que l'on décrit quotidiennement comme illégitime, verrouillée, confisquée ou incapable de fonctionner ?

Si l'on considère que le MRC actuel n'est plus le véritable MRC...

Si l'on estime que ses dirigeants n'ont plus de légitimité...

Si l'on juge que les décisions prises par ses instances sont irrégulières...

Alors la conséquence politique la plus logique ne serait-elle pas de construire une nouvelle maison plutôt que de vouloir rénover une maison que l'on présente soi-même comme irrécupérable ?

L'histoire politique du Cameroun montre pourtant que les grandes divergences ont souvent conduit à la création de nouvelles formations politiques. C'est ainsi que vit le pluralisme démocratique.

Pourquoi, dès lors, ces responsables ne mettraient-ils pas en commun leurs idées pour proposer aux Camerounais une nouvelle offre politique ?

Ce serait l'occasion de démontrer, par les actes, leur conception de la démocratie interne, de la transparence, du respect des textes, de l'organisation des congrès et de la gouvernance d'un parti politique.

Car en politique, il est souvent plus convaincant de bâtir un modèle que de dénoncer sans cesse celui des autres.

Créer un parti, mobiliser des militants, élaborer un projet de société, participer aux élections et solliciter le suffrage des Camerounais constituerait sans doute le meilleur test de crédibilité.

Le Cameroun gagnerait ainsi un véritable débat d'idées plutôt qu'une succession de conflits internes entre anciens compagnons de route.

Alex KAMTA, L'Usurpateur