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General News of Sunday, 29 October 2017

Source: camer

Crise anglophone: les manœuvres suspectes du Congrès américain

Jusqu’où ira le Congrès américain dans son intéressement insidieux à l’égard de la crise dite anglophone au Cameroun ? Il serait naïf de croire que l’intérêt que suscite la crise anglophone pour certains membres du Congrès américain soit dénué de tout calcul.

Et pour cause, il est de notoriété diplomatique que les Américains se fichent pas mal des incendies de par le monde, pour autant que leurs intérêts ne soient pas menacés. S’ils se veulent porteurs des préoccupations de la diaspora américaine de New-York, on est en droit de se demander de quelle diaspora il s’agit. Cette diaspora déstabilisatrice du Cameroun, dont les inquiétudes ne visent qu’à mettre le feu à l’échelle internationale sur la situation qui prévaut dans les deux régions anglophones ?

Ou alors celle qu’on a perçue à travers les images télé de la Crtv le 22 septembre 2017 lors du discours du chef de l’Etat à la tribune des Nations Unies, mobilisée comme un seul homme pour la cause du Cameroun, scandant des dithyrambes à l’endroit de Paul Biya, martelant que l’unité du Cameroun ne doit jamais être menacée.

Il n’est pas innocent de préciser que cette nouvelle implication des membres du Congrès américain dans la crise anglophone intervient au lendemain des appels de plusieurs organisations internationales en faveur du dialogue entre le pouvoir de Yaoundé et les représentants des régions dites en crise.

Et parmi ces appels au dialogue, celui du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies - Antonio Guterrès. Comment ne pas s’étonner de cette lettre aux relents de poudrière pour la communauté internationale, juste au moment où le gouvernement vient d’engager une série d’échanges avec les forces vies des régions du Sud-ouest et du Nord-ouest, visant à conjurer cette crise ?

En effet, c’est depuis le 16 octobre 2017, soit un jour avant cette sortie épistolaire des membres du Congrès américain, que Philémon Yang et Peter Mafany Musonge mènent des discussions avec leurs frères anglophones, respectivement dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Cette sortie «opportune» des parlementaires américains viserait- elle à subodorer, comme certains le laissent entendre çà et là, que ce dialogue ne servirait à rien ?

Quoiqu’il en soit, en mettant en parallèle les inquiétudes des Camerounais de la diaspora de New-York et les intérêts américains dans la sous-région, les parlementaires américains suscitent chez les analystes futés la possibilité pour la première puissance du monde d’intervenir directement au Cameroun pour le règlement de cette crise.

Une analyse qui donne du crédit aux préoccupations de certains officiels camerounais, qui pensent que les manifestants dans les régions anglophones sont manipulés depuis l’extérieur, avec l’appui de certaines puissances en mal de déstabilisation du pays Cameroun.

L’évolution du monde contemporain se conjugue avec les interventions américaines chaque fois que les intérêts américains sont jugés en danger. Et même si pour l’instant les clignotants sont servis par le Congrès américain, à la différence de la Maison blanche qui n’a pas encore adopté une position tranchée sur la crise anglophone, personne, dans le concert des nations, ne sous-estime l’influence du Congrès sur la diplomatie américaine, et parfois sur sa propension va-t-en guerre.

L’autre pondération de cette inquiétude consiste à préciser que la saisine de l’ambassadrice des Etats-Unis à l’Onu, n’engage pas le Congrès américain entant qu’institution, signée de 24 de ses membres à titre individuel. Seulement, à l’analyse, il s’agit d’une évolution de la cause anglophone au sein de la chambre des représentants, dont les membres se montrent de plus en plus préoccupés par le sujet. Rappelons que le 26 juin 2017 déjà, Anthony G. Brown et Janie Raskie étaient les seuls parlementaires du Congrès à se préoccuper de la crise dans les régions anglophones du Cameroun.

Dans une lettre adressée à Rex Tillerson, les deux parlementaires demandaient au secrétaire d’Etat américain de prendre des mesures face à la détérioration des droits humains qui prévaut dans les deux régions, du fait de cette crise. Aujourd’hui, ils sont 24 à demander des comptes à leur représentant à l’Onu, sur la base d’un rapport du Département américain, en attendant que soit publiée la réponse aux interpellations d’Anthony G. Brown et Janie Raskie.

Comme quoi, dans le souci pernicieux d’internationaliser la crise anglophone, la logique d’une implication progressive de l’Onu, qu’on sait sous la coupole américaine, est visiblement en branle.

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