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Actualités of Friday, 26 November 2021

Source: La nouvelle Expression

Crise anglophone : l’hypocrisie des indignations !

En attendant, le sang continue de couler En attendant, le sang continue de couler

Depuis quelque temps sur le théâtre de la crise anglophone, les tueries les plus barbares se succèdent, particulièrement chez les enfants et la communauté éducative. À chaque fois, c’est la clameur et un sentiment de révolte générale. Puis, plus rien! Et les camerounais continue à assister impuissants aux torrents de sang qui ne cessent d’envahir le Nord-ouest et le Sud-Ouest.

-Revue des horreurs, bien parties pour durer!

-Le cri de détresse du père jésuite, Ludovic Lado, lancé depuis plus d’un an.

Le dernier cas en date est le lâche assassinat de ces trois innocents enfants et leur enseignante au lycée bilingue d’Ekondo Titi dans le Sud-ouest. Avant eux, une fillette qui allait à l’école, tombait sous les balles «perdues» d’un gendarme à Buea. Une semaine plus tard, une autre qui revenait de l’école, était aussi fauchée par une balle «perdue» d’un policier à Bamenda. Il y a quelques jours, un engin a explosé dans un amphithéâtre de l’université de Buea, faisant des blessés parmi les étudiants, heureusement sans perte en vies humaines. Voilà les cas de ces dernières semaines.

À l’issue de la dernière conférence semestrielle des gouverneurs de régions qui s’était achetée le 14 juin 2021 à Yaoundé, les gouverneurs du Nord-ouest et du Sud-ouest où la guerre sévit depuis quatre ans, avaient pourtant rassuré que la situation était sous contrôle.

Mais comme pour leur faire un pied de nez, le 15 juin 2021, les bandes armées enlevaient six fonctionnaires à Misore-Balue, un village de l’arrondissement d’Ekondo-Titi, près de Mundemba dans le département du Dian. Les six compagnons d’infortune étaient réunis au même endroit à l’occasion d’une descente sur le terrain pour procéder à une démarcation devant faciliter le travail de construction des lignes électriques.

Deux jours plus tard, Mabia Johnson Mudika, responsable départemental du ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire dans le Ndian, avait malheureusement été tué en captivité par ses ravisseurs, selon les sources officielles. On est toujours sans nouvelle des cinq autres, à savoir les responsables locaux des ministères des Domaines, du Développement urbain et de l’Habitat, de l’Eau et Énergie, des Petites et moyennes entreprises, et des domaines du Ndian. D’ailleurs, on n’en parle plus.

Le vendredi 14 février 2020 au cours d’une opération dite de « reconnaissance » menée par l’armée dans les villages de Ntubaw et Ngarbuh, un assaut avait été donné sur un camp renseigné comme étant une base sécessionniste à Ngarbuh 3. Après de violents combats, de nombreux villageois avaient été tués par balles et des maisons incendiées. James Nunan, chef du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au moment des faits, dressait alors ‘un bilan d’au moins 22 morts, parmi lesquels 14 enfants.

Un bilan confirmé par l’évêque de Kumbo et d’autres ONG à l’instar d’Human Right Watch qui, dans un rapport, mettait également en lumière l’implication de soldats camerounais. Le 12 mai 2020, l’enfant d’une mère Bororo avait été décapité par des séparatistes à Ngarbuh. Alors que d’autres membres de cette communauté avaient déjà subi le même sort quelques jours auparavant. À chaque fois,-c’est l’indignation générale!

Mais à bien y regarder, Etoudi semble cohérent dans la solution à apporter à cette crise depuis le départ. Dans son discours d’investiture le 6 novembre 2018, Biya avait pris un engagement bien ambigu: «Je ferai en sorte que le calme et la sérénité reviennent dans le Nord-ouest et le Sud-ouest».

Une salve d’applaudissements avait accueilli cette déclaration. Le président nouvellement réélu de la République du Cameroun était attendu sur ce terrain. Particulièrement par le corps diplomatique, notamment les ambassadeurs des grandes puissances qui avaient dans l’ensemble «prescrit» au vainqueur de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 de s’impliquer prioritairement et personnellement dans la résolution de cette question anglophone. Notamment la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis qui avaient nuancé leurs messages, dans un contexte marqué par la contestation de la victoire proclamée de Paul Biya.

Paul Biya m’avait pas fait la sourde oreille, et l’avait fait savoir dans son premier discours. Cependant, l’homme ne semble pas avoir changé d’option sur cette question. En prenant l’engagement de ramener le calme et la sérénité dans les régions en crise, Paul Biya avait mentionné qu’il le ferait «dans le cadre des institutions dont je suis garant».

Lui qui avait depuis longtemps’ tourné la page du dialogue, après avoir décidé d’incarcérer des leaders de la crise déclenchée en novembre 2016. Et parmi eux, des cadres issus des corporations qui avaient lancé les grèves au départ.

Et dès j’entame de ses propos, l’élu du jour avait recadré les choses: «des forces négatives ont saisi des revendications corporatives pour mettre en place leur ambition de partition du pays». Du coup, dans sa tunique de chef suprême des armées, Paul Biya appelait les forces armées «ambazonnienes», la branche armée du Southerns Cameroon national council (Scnc), le mouvement sécessionniste qui déstabilise les deux régions, «à déposer des armes et retrouver le droit chemin». En attendant, le sang continue de couler. Abondamment!

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