L’étau se resserre autour du ministre secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Après le Capitaine Effoudou, ex chef du renseignement du cabinet militaire de Paul Biya, c’est au tour de l’ancien leader ambazonien, Dr. Success Nkongho, d’enfoncer le clou.
Dans une déclaration sur les réseaux sociaux, Dr. Success Nkongho, président du Cameroon Liberation Movement, affirme avoir mené, avec l’appui des autorités, plusieurs initiatives visant à convaincre des combattants ambazoniens de déposer les armes, notamment près de 200 combattants puis 360 en 2021. Il accuse Ngoh Ngoh d’avoir saboté ces démarches de paix, en contestant notamment la présence des combattants et en empêchant une délégation de présenter directement son rapport au président Paul Biya.
Ci-dessous, l’intégralité des révélations de Dr. Success Nkongho
Ferdinand Ngoh Ngoh est un manipulateur qui utilise ou se cache derrière d’autres personnes pour commettre des crimes de guerre. C’est un criminel international qui sera bientôt en prison.
Le directeur du Cabinet civil, en collaboration avec le consul du Canada, M. Patrice Onana, m’avait confié la mission de convaincre les combattants ambazoniens, notamment les principaux commandants et généraux, de s’engager dans le processus de paix. J’avais réussi à mobiliser près de 200 combattants.
Mais, selon moi, M. Ferdinand Ngoh Ngoh a saboté cette initiative, empêchant ainsi ces combattants de poursuivre leur démarche vers la reddition.
En 2021, le président de la République a de nouveau envoyé une délégation et m’a chargé de rassembler au moins 300 combattants. J’ai réussi à en réunir 360. Ils sont restés avec moi pendant dix mois, durant lesquels je les ai sensibilisés et convaincus de choisir la voie de la paix.
Parmi eux figuraient plusieurs commandants importants, dont Field Marshall et d’autres responsables militaires ambazoniens. Pendant cette période, le calme régnait dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest : il n’y avait ni destructions ni attaques majeures. Tous ces commandants étaient avec moi, dans l’attente d’instructions de Yaoundé afin de se rendre et de participer au processus de paix.
Mais, Ngoh Ngoh a contesté cette démarche auprès du Conseil de sécurité, en soutenant qu’aucun combattant ne se trouvait avec moi. Face à cette situation, le président Paul Biya a décidé d’envoyer une délégation afin de vérifier les faits.
Cette délégation, composée de huit personnes, comprenait notamment l’archevêque de Bamenda, Andrew Nkea, ainsi que l’imam de Buea. Elle était conduite par un général de l’armée, récemment nommé. Sur place, les membres de la délégation ont rencontré les combattants, échangé avec eux et constaté leur présence. Ils ont été profondément émus par leur engagement en faveur de la paix.
Cependant, Ferdinand Ngoh Ngoh a empêché la délégation de rencontrer le président Paul Biya afin de lui présenter son rapport. Le secrétaire général de la Présidence a confié la mission au ministre Félix Mbayo, écartant ainsi la délégation initialement désignée par le chef de l’État.
Cette décision a compromis le processus.
En 2019, j’ai accompagné 87 combattants et réfugiés ambazoniens rentrés au Cameroun pour se rendre. La liste des personnes concernées avait été communiquée aux autorités. Mais, à la veille de leur départ pour Yaoundé, leurs noms a été rendus publics. Cette publication a provoqué le retrait de quinze combattants, notamment des généraux ambazoniens, qui ont alors renoncé à se rendre par crainte de représailles contre leurs familles.
J’accuse donc Ferdinand Ngoh Ngoh d’avoir systématiquement entravé les initiatives visant à favoriser la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Dr. Success Nkongho









